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Outcast #1-6

mercredi 4 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics - Skybound / Robert Kirkman / Paul Azaceta)


Kyle Barnes est un homme reclus dans sa maison. Sa soeur adoptive a beau passer et essayer de lui faire voir le jour ou mieux le faire manger, cela devient de plus en plus compliqué pour Kyle de vivre. Il faut dire que l’accueil qu’il reçoit de ses proches, le fait qu’il lui soit interdit d’approcher sa femme et sa fille, laisse peu de doutes quant aux qualités intrinsèques du bonhomme. Pourtant le révérend de la ville le croise et lui demande de l’aider. En effet, l’homme d’église est face à un petit garçon possédé et cela ressemble beaucoup à ce qui est arrivé à la mère de Kyle. Cette possession, Kyle en a bien senti les effets, à commencer par les séances de passage à tabac que sa mère lui infligeait. Un beau jour, Kyle a dit "stop" et apparemment, le démon a quitté le corps de sa mère la laissant dans un état végétatif. Si Kyle est très sceptique quant à ses capacités curatives, il va vite se rendre compte que le révérend a peut-être mis le doigt sur quelque chose. Mais cela n’apportera qu’un confort relatif à Kyle puisque pas mal de questions vont se poser par la suite.

Robert Kirkman développe une nouvelle franchise au rayon horreur avec ce récit d’exorciste qui s’ignore. Outcast ("banni" en VF) va donc mettre en scène un jeune homme mal dans sa peau, victime non seulement des violences maternelles mais aussi du don qui semble le sien. Durant ce premier arc, Kirkman va développer les personnages, les situations d’exorcisme (mais en ne tapant pas non plus dans un modèle "exorcisme du mois") mais n’attaque pas vraiment le coeur du sujet. C’est là qu’on voit que Kirkman vise très clairement le recueil, certaines scènes étant découpées (de façon propre, certes) entre deux numéros. Le découpage mensuel n’aide pas par exemple la compréhension de l’histoire du flic qui veut faire exorciser son collègue. Il faut dire qu’entre le moment où on le voit pour la première fois et l’exorcisme du collègue, il se passe bien deux numéros. Kirkman n’utilisera pas d’indications temporelles sur les planches, ce qui n’aide pas forcément à la compréhension. Il devient alors complètement évident que l’arc doit se lire d’une traite et que les couvertures des numéros mensuels seront reléguées en fin de bouquin. Quand Kirkman dit à la fin du numéro 6 que les questions posées par les lecteurs auront eu leur réponse et auront déclenché d’autres questions, ça me paraît très optimiste comme considération. Globalement, en six numéros, j’ai trouvé qu’il se passait peu de choses, même si celles-ci avançaient logiquement.

Aux dessins, on retrouve Paul Azaceta (déjà rencontré sur Amazing Spider-Man ou Army of Darkness) qui emploie beaucoup d’encre noir. Il faut dire que les possédés détestent la lumière et que les héros vivent dans des endroits clos (Kyle vit reclus chez lui et le révérend passe ses nuits à jouer au poker dans une pièce qui ne laisse pas passer la lumière du jour). Vous comprendrez donc qu’on est dans une ambiance très sombre mais moins froide qu’une histoire de Mignola par exemple. Le trait est plus réaliste et renverrait presque à un mélange entre un Sean Philipps, un Ramon Perez et un Mazzuchelli période Batman : Year One. Un style qu’on retrouvera chez certains artistes franco-belges dont le nom m’échappe au moment où j’écris ces lignes. La lecture des planches est claire avec des petits encarts que ne renierait pas Howard Chaykin mais utilisé avec beaucoup moins d’automatisme et beaucoup plus d’efficacité pour rendre le mouvement dans l’histoire. L’encrage très épais est quelque chose qui me plaît beaucoup et rend les planches séduisantes dès le départ, malgré les scènes parfois saignantes et leur violence.

J’ai bien aimé lire ce premier arc d’Outcast et j’ai le deuxième sous la main. Ceci dit, je ne suis pas sûr de continuer à la lire sous la forme de série mensuelle tellement elle ne semble pas pensée pour ce format. Pour le reste, c’est un premier arc honorable de série horrifique.

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