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Vampirella #26-38

dimanche 25 octobre 2015, par Mathieu Doublet

(Dynamite / Brandon Jerwa / Heubert Khan Michael & Patrick Berkenkotter)

Lu en numérique. La version papier est compilée dans les recueils 5 et 6 de la série.

Vampirella est pourchassé par une bande de gugusses costumés et encagoulés qui ont apparemment des armes efficaces contre elles. Ces Chasseurs
réussissent presque leur coup, si ce n’était pour Lilith qui décide de sauver sa fille. De quoi intriguer la Drakuléenne puisque sa mère fait habituellement
partie de ses ennemis réguliers. Mais la maman cherche à faire amende honorable et décide donc d’aider Vampirella en chassant les Chasseurs. Lilith décide
même d’aider sa fille dans sa quête d’Adam Van Helsing, toujours déclaré disparu. Apparemment, le changement de caractère de la matronne serait dû au bannissement
de Dracula qui aurait modifier le contenu de la Réalité dans son ensemble. Pas de manière complètement radicale mais par touches, deci delà.
Pendant ce temps, un homme appelé Tom Criswell va consulter régulièrement un psychologue pour lui parler de son obsession pour Vampirella, une femme pour laquelle
il a eu un véritable coup de foudre, d’autant qu’il a aussi été en contact avec des extra-terrestres lui promettant de revenir pour lui apporter plus d’informations.

Ces treize numéros composent la troisième année de publication de Vampirella chez Dynamite. Et Brandon Jerwa, scénariste depuis le numéro 21, a pour mission de mettre le couvercle
sur la série de façon propre afin que le titre puisse être rebooté (il faut dire que le titre termine sa course en position 285 du Top 300 et que les quatre numéros précédents ne
connaîtront même pas l’honneur du classement). Autant le dire tout de suite, il va falloir être très attentif à chacune des cases parce que le scénario de Jerwa se basant essentiellement
sur des voyages dans le temps et le changement de la réalité va être un peu compliqué. Ceci étant, si après une première lecture de tout cet arc, des choses vous paraissent peu claires, vous verrez
que le scénariste a bel et bien annoncé toutes ses intentions dès le début de l’arc (sans parler du numéro 26 qui est une histoire one-shot sans vrai rapport avec le reste de l’intrigue).
Du coup, on ne peut pas traiter Vampirella comme juste un titre fun et distrayant où ce que disent les personnages est grosso modo insignifiant. Certains points de scénario paraîtront évidents et
aisément gardés en mémoire, d’autres nécessiteront une relecture des passages précédents pour bien saisir ce qui se passe. C’est à la fois assez pénible et un indicateur de la qualité du travail d’écriture.
Le final sera particulièrement obscur, d’autant que certains passages avec des personnages sont peu explicites - le summum étant le personnage de la serveuse de café dont je n’ai pas complètement identifié le rôle.
Pourtant, si j’ai bien tout saisi, le final se lie avec les tous débuts de la série Vampirella, à l’époque où elle est décrite comme une mode, un mème à la mode, un mythe. Et là, c’est quand même assez fort et
assez beau mais cela reste de l’ordre de l’analyse personnelle.

(Spoiler : Lilth lance un sort pour chasser une personne de la réalité qui est en train d’être déconstruite. Le texte n’est pas très clair mais c’est bel et bien Vampirella qui est éjectée de leur réalité et qui arrive donc
dans notre monde. Les débuts de Vampirella chez Dynamite indiqueraient donc qu’ils parlent de notre réalité dans laquelle Vampirella n’a pas encore mis les pieds).

Aux dessins, on retrouve deux habitués de la série. Rien à signaler de bien particulier, c’est du classique des années 90 avec quand même quelques bons moments. Khan Michael fait un boulot très honorable même s’il s’appuie un peu trop
sur les moments où les personnages ont les yeux blancs. La mise en page est parfois trop complexe de inutilement et l’agencement des bulles fait ce qu’il peut pour encore donner du sens à l’ensemble. Bref, c’est bel et bien ce que l’on
a connu à l’époque des bad girls et des comics ultra violents et poseurs d’il y a 20 ans. Heureusement, on a aussi parfois droit à de très jolies cases. Berkenkotter tape, lui, dans un registre beaucoup plus photo-réaliste, ce qui tient
bien la route surtout grâce à la colorisation de Josan Gonzalez qui apporte beaucoup aux planches, quitte à apporter moins d’homogénéité à l’ensemble puisque Mat Lopes utilise une palette beaucoup plus plate.

Au final, ce dernier arc de Vampirella a des moments bien sympathiques (comme ce passage dans un futur mi-retro mi-apocalyptique) et si je ne me suis pas trompé sur la conclusion, une jolie manière de lier tout ce qui a été fait sur Vampirella
depuis sa réapparition chez Dynamite, ce qui est un petit tour de force en lui-même. Maintenant la réalisation est loin d’être experte et le titre mérite quelques relectures pour trouver tous les indices textuels ou graphiques qui font tiquer et
hurler à l’incohérence sur un premier survol de l’histoire. Reste à voir si ce reboot était nécessaire et si la nouvelle mouture de Vampirella est aussi bonne.