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Daredevil saison 1 (2015)

jeudi 24 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Netflix / Marvel Television & ABC Studios)

Une série de 13 épisodes créée par Drew Goddard avec Charlie Cox, Deborah Ann Woll, Elden Henson, Rosario Dawson, Vincent D’Onofrio, ...

La vie pour Matt Murdock et Foggy Nelson semblait toute tracée : une école d’avocats, un bon poste dans la compagnie Lehmann & Zach puis la richesse et tout le reste mais les deux avocats ont aussi
un idéal de justice incompatible avec ce que leurs patrons font subir à ceux contre qui ils doivent se battre, même si ce sont des personnes dans leur droit qui n’ont juste pas les moyens de se défendre. Ainsi les deux commencent leur propre cabinet d’avocats. C’est ainsi qu’ils rencontrent de façon quelque peu fortuite, Karen Page, une jeune femme ayant quitté l’entreprise qui l’embauchait
après avoir vu que les comptes étaient frauduleux et en partant bien entendu avec des fichiers compromettants. Le trio va avoir à faire à une opération de démantèlement de Hell’s Kitchen après la destruction partielle de New York (cf le premier film des Avengers). Les pistes vont se recouper et ils vont devoir affronter la montagne que constitue le magnat Wilson Fisk dont le but est de nettoyer
Hell’s Kitchen de tout ce qui lui semble être une faiblesse.
Ce que tout le monde ignore, c’est que Matt Murdock, c’est qu’il est aussi un vengeur masqué, un homme en noir qui sauve des innocents mais qui se retrouve aussi dans la case "justicier" et devient donc un hors-la-loi. Ce dernier va enquêter sur la disparition d’un enfant qui va le mener tout d’abord face à la mafia russe puis à Fisk lui-même.

Daredevil est la deuxième raison à ce que je me sois abonné à Netflix. Cette plateforme de vidéo à la demande permet de voir tous les épisodes d’une saison comme bon semble au spectateur sans avoir à attendre la semaine prochaine pour profiter de l’épisode suivant. C’est très pratique pour faire du binge watching et surtout avoir de façon très commode l’intégralité des épisodes d’une série et pouvoir la reprendre quand on veut. Pour Daredevil, il s’agit donc d’avoir sous la main 13 épisodes d’un peu moins d’une heure chaque. Le souci de l’affaire ? Aucun, sauf que je n’ai à aucun moment voulu me jeter sur l’épisode suivant.

Il faut dire que la série dans sa première saison va se concentrer sur comment Matt va devenir le "super-héros" qu’est Daredevil. Cela va l’amener à rencontrer très rapidement des personnages secondaires de l’univers urbain de Marvel Comics comme la Night Nurse (apparemment mélangée avec l’ex de Bill Foster / Black Goliath) ou bien Melvin Potter aka Gladiator dans une version plus proche de ce qu’a écrite Bendis que le personnage classique des débuts. En fait, les créateurs de la série Drew Goddard et Steven S. DeKnight (le showrunner de cette première saison) ont une approche très réaliste de Daredevil. On a donc droit à une création de héros très progressive, avec un Matt Murdock qui doit faire face à ses choix non seulement éthiques (d’un point de vue professionnel) mais aussi
religieux. La présence du père boxeur est aussi déterminante dans la création du personnage. Bref, tous les éléments du comics sont là. Seulement, à force de jouer la carte réaliste, la série prend aussi une couleur qui est très différente de ce qu’on peut lire sur papier. L’inspiration est Milleriennne, Bendisienne, bref très noire, très urbaine et pas très joyeuse malgré le personnage de Foggy Nelson. Le personnage de Murdock n’assume pas son double rôle et limite donc cette première saison à un énième récit "d’origine", ce qui laisse très peu de surprises à qui a lu les comics. Il y aura bel et bien quelques clins d’oeil avec la présence de personnages qui feront tilter l’oreille et qui auront très probablement le droit à un développement dans l’univers cinématographique Marvel mais c’est à peu près tout.
La visualisation des pouvoirs de Daredevil m’ont semblé aussi trop réaliste. L’équipe tente bien de montrer ce que peut ressentir le héros mais finalement, s’en tient beaucoup trop à son ouïe surpuissante et son radar. Pourtant, Murdock se sert de tous ses autres sens et, ç’aurait clairement pu ajouter du punch, voir une note plus légère à l’ensemble. Tant pis. les combats sont traités à peu près de la même façon et c’est bien dommage. Alors oui, les combats semblent réalistes et montrent qu’on a à faire à un humain très entraîné qui aura fort à faire (à de trop nombreuses occasions à mon humble avis). On perd en spectacle et dans le fait que Daredevil est un "super" héros. Sans compter que le scénario cède parfois à la facilité pour faire durer la sauce (le combat final entre Daredevil et le Caïd a des retournements de situations beaucoup trop irréalistes par rapport à ce que peut faire logiquement Daredevil).

Il n’y a par contre rien à dire du côté des acteurs. Tous s’en sortent très bien dans un registre qui fait la part belle aux personnages et demeurent tous crédibles. Charlie Cox campe un Matt Murdock convaincant, Scott Glenn est excellent en Stick faisant une apparition et la palme revient bien entendu à Vincent D’Onofrio qui est vraiment un excellent Wilson Fisk jouant toujours sur la corde raide entre fragilité et colère monstrueuse. Ce dernier est véritablement la star du show même si à quelques moments, il prend à mon avis trop d’importance et frôle le surjeu. Tous les autres acteurs ne déméritent pas et Foggy Nelson, Karen Page ou encore Ben Urich ont de superbes incarnations.

Je n’attendais pas grand chose de la série Daredevil car je savais déjà que le costume ne ferait son apparition qu’en fin de saison. Ces treize premiers épisodes mettent les choses en place et le fait qu’on puisse les regarder à son rythme est très appréciable car attendre que les choses décollent réellement pendant 3 ou 4 mois aurait certainement un effet très frustrant. Reste quelques scènes bien fichues mais aucune surprise. A voir ce que la seconde saison va donner sachant qu’on risque d’y croiser Elektra ou bien le Punisher.