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The Superannuated Man #1-6

dimanche 20 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics - Shadowline / Ted McKeever)

He (il / lui donc en anglais) vit dans un bateau et serait probablement le dernier humain sur Terre. En tout cas, dans la petite île de Blackwater,
il est le seul humain entouré d’animaux ayant étrangement muté, étant capable de parler, voire même de comploter. Alors quand He voit quelques créatures
tourner autour de son bateau, il décide de leur faire une petite frayeur, histoire de retrouver un peu de tranquillité. Mais il lui faut bien se divertir,
se nourrir (en essayant de trouver des poissons à peu près mangeables), bref, il lui faut bien vivre. Mais peut-on le faire dans un univers comme celui-ci ?

The Superannuated Man est donc la dernière production de Ted McKeever qui aligne les comics avec une régularité remarquable, son dernier méfait
étant Miniature Jesus. On ne va pas dire que McKeever fait dans le compréhensible, ça n’est pas son rayon mais The Superannuated Man est tout de même
plus compréhensible que Meta 4. L’univers est complètement barré, illogique, comporte un cinéma passant en boucle un seul film dont la scène qui nous est
présenté est complètement nihiliste ("Les flingues, c’est le bien, ça purifie la Terre. Le pénis, c’est le mal, ça crée de nouvelles vies.") et halluciné (une gigantesque
baleine mâle féconde qui ressemble à une sirène fossilisée). Le rapport qu’He entretient avec les autres personnages et les scènes entre animaux sont cohérentes et laissent
entrevoir comment fonctionne Blackwater mais il y aura beaucoup de zones d’ombre et à la limite, on peut regretter que la présentation de cet univers ne soit pas plus développée.
Comme il est destiné à disparaître, ceci dit ...

Pour les dessins, comme toujours, c’est tout à fait à mon goût, voire superbe. En noir & blanc, avec un sens du détail (qui apportera quelques infos sur l’univers) et du relief
qui forcent le respect. Il y a des splash-pages énormes (la taille du bouquin joue beaucoup aussi pour cet effet) qui, si elles ralentissent forcément la narration, font plaisir aux yeux.

Comme tout McKeever, The Superannuated Man avec ses citations régulières de Thompson mérite d’être relu plus tard, afin de peut-être donner un nouveau sens ou plus de clarté à ce récit
de prise de conscience d’un homme face à ce qu’il a fait et aux conséquences du passé (et peut-être aussi de l’évolution).