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Stumptown #1-5 : The Case of the King of Clubs

mercredi 16 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Greg Rucka / Justin Greenwood)

Dex Parios aime le foot. Aussi bien à jouer qu’à regarder en compagnie de son frangin. Et on ne parle pas de foot américain mais bel et
bien de soccer, ce qui ne veut pas dire que les amateurs de ballon rond n’aime pas non plus le contact. Deux villes s’affrontent régulièrement
ces derniers temps, Portland et de Seattle, aussi bien chez les amateurs que les professionnels. Alors quand un ami de Dex est agressé après
un match de foot, la détective privée sent que les meutes de fans se sont transformées en clubs de hooligans, comme en Europe, et que ce fléau
ne doit absolument pas arriver aux Etats-Unis. Pour l’accompagner, venue tout droit de chez les adversaires, il y a la séduisante C.K., privée elle
aussi et donc en territoire non autorisé. L’inspecteur Hoffman, jalouse comme pas deux et amatrice de cartons jaunes, y veillera bien.

Stumptown, c’est la série policière à la Greg Rucka sauf qu’il manque un gros morceau à l’histoire : une fin satisfaisante. Pour tout le reste, je trouve
que ce qui manquait à la deuxième aventure de Dex est à nouveau présent : une vie familiale et même sentimentale / sexuelle développée (non, pas la peine
de penser vous rincer l’oeil, le propos n’est pas là), un nouveau gros indice sur le passé de Dex qui ne va plus pouvoir tourner autour du pot et qui déclenchera
certainement de nouvelles aventures. Ainsi, comme d’habitude, les personnages sont bien campés.
Il faudra pour apprécier ce renouveau de la série, avoir précédemment lu les deux autres séries car des personnages récurrents font leur apparition et je trouve que,
même si on peut accepter les données telles quelles, avoir lu les autres aventures de Dex donnent plus de cohérence à l’ensemble et de la continuité. Le mauvais côté de l’affaire,
c’est que j’ai aussi eu l’impression d’avoir à faire à un arc de transition. La fin est anti-cathartique au possible et peut-être que certaines choses sont encore laissées cachées
(comme le rôle de Mercury dans tout ça - je le sens moins propre que tel qu’il est décrit).

Justin Greenwood prend la suite de Matthew Southworth et le parti-pris graphique est clairement différent. Greenwood serait plus de la trempe d’un Brian Hurtt avec moins de rondeur.
Le dessinateur est l’un des réguliers de chez Oni Press avec à son actif The Fuse, Resurrection et quelques numéros de Wasteland. Je ne dirais pas qu’on y gagne grand chose et le côté un peu destroy
de Southworth passe complètement à la trappe. Ce qui ne veut pas dire que Dex soit plus sexy par exemple, c’est même loin d’être le cas. Au final, cela rajoute plus de classicisme au titre.

C’est bien là tout le problème de Stumptown, c’est toujours agréable à lire mais finalement, il y a mieux ailleurs ou mieux avant (cf les deux articles sur les autres arcs de Stumptown). Je me suis déjà
engagé sur le prochain arc "The Case of the Cup of Joe" mais je pense faire une pause et voir comment la série tourne avant de la reprendre, peut-être en recueil, peut-être en numérique.