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KaijuMax #1-4

samedi 12 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Zander Cannon)

Electrogor est un monstre gigantesque dont le seul vrai crime a été de vouloir nourrir ses enfants. Mais il s’est fait attrappé et le voilà,
en compagnie d’autres collègues de destruction devant les portes de Kaijumax, une île du Pacifique dont la spécialité est de garder ses monstres
derrière les barreaux. Enfin, sur cette île pour commencer. Ca n’est pas comme si des humains pouvaient construire des murs pour garder ces prisonniers
particuliers en captivité. En ce qui concerne Electrogor, c’est l’occasion de découvrir un monde carcéral qui contient des bandes rivales et de vivre
des expériences diverses avec d’autres détenus. Sans parler des gardiens de Kaijumax qui vont en avoir gros sur la patate ou qui sont déjà bien pourris.

Zander Cannon, après son expérience numérique Double Barrel en compagnie de son homonyme, publie son récit à lui Heck qui sera salué par la critique. Il
embraye ensuite sur Kaijumax dont le pitch est le suivant "une histoire de prison accueillant des monstres à la japonaise". Sur le papier, c’est assez drôle et
il y a certaines idées qui fonctionnent très bien comme les gardiens capables d’agrandir leur taille pour avoir le dessus sur des créatures qui pourraient les
écraser en temps normal. Pour le reste, c’est vraiment un récit carcéral à la Oz avec des situations qui sont aussi tendues ou dramatiques. L’auteur ne veut pas faire
du comics dépressif et même s’il indique que son titre n’est absolument pas tout public, il y a certaines scènes qui m’ont mis mal à l’aise (l’agression d’Electrogor
dans le numéro 4 a beau se faire hors-champ, si j’ai bien compris le texte, c’est franchement pas le genre de choses que j’attendais d’un comic-book qui est censé contenir
un peu d’humour, ne serait-ce que par son côté absurde).
En fait, j’ai surtout trouvé que l’histoire de Kaijumax était très standard et qu’en remplaçant les monstres par des humains, on avait grosso modo le même style de
récit. La particularité des monstres n’est pas suffisamment mise en avant pour que Kaijumax ait le parfum d’originalité que promettait son pitch de départ.

En ce qui concerne les dessins, je trouve qu’Electrogor a une conception qui ne le rend pas vraiment sympathique ou cool. Il y a d’autres monstres qui sont mieux conçus,
auxquels on pourrait plus s’attacher. Du coup, même si Electrogor n’est pas le seul grand personnage de la série, c’est tout de même celui avec qui on rentre à Kaijumax et
donc celui qu’on accompagne le plus. Il y a du boulot, quelques détails et même un petit monstre rouge qui se cache dans les pages de chaque numéro, mais je n’arrive pas à
y trouver entièrement mon compte.

Plus que deux numéros pour cette première "saison". On verra bien si je continue ensuite la lecture de la série mais pour l’heure, je prendrais plus volontiers la série en promotion numérique.