Onirique Comics 7.1

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Basewood

dimanche 6 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Phase Seven Comics / Alec Longstreth)


Un homme se réveille dans la forêt. Il est dans un sale état et surtout, il ne se rappelle plus rien. Ni d’où il vient, ni où il va. Heureusement, un chien arrive et lui tient compagnie dans un monde tout de même très sauvage. Dans son malheur, l’amnésique se souvient tout de même comment survivre. En sortant de la forêt, il découvre une gigantesque plaine déserte et surtout une montage qui fait bien un kilomètre de haut. Et dans la montagne, il y a un dragon. Le genre qui n’aime pas vraiment qu’on fasse un feu la nuit pour se réchauffer. Notre pauvre héros l’apprendra à ses dépens mais trouvera aussi un autre compagnon d’infortune.

Basewood est, sans que je le sache avant d’ouvrir le bouquin, un projet Kickstarter (si, si). Et si je n’ai pas participé au financement de ce livre et qu’il est tout de même arrivé entre mes mains, c’est qu’il a été distribué par la maison d’édition AdHouse qui sort quasiment toujours des bandes dessinées qui sortent du lot (comme The Aviary de Jamie Tanner, Johnny Hiro de Fred Chao, The Venice Chronicles de Enrico Casarosa ou encore quelques titres de Scott Morse). Alec Longstreth a publié ce récit dans un comic-book nommé Phase 7 et a même eu droit à une version française aux éditions L’employé du moi.

L’auteur nous raconte donc une belle histoire d’amitié entre deux hommes, un quasi-vierge (on apprendra bien entendu que non) et un autre à qui on a tout pris et donc à qui il ne reste plus rien si ce n’est un instinct de survie et une éventuelle soif de vengeance. Ces deux hommes vont bien entendu apprendre à se connaître et à comprendre comment ils en sont arrivés là. Il y a une justesse dans les dialogues et des grandes scènes où on ne se dit rien mais où on agit. Longstreth prend son temps et cela permet d’assister au quotidien de deux personnes dans un milieu naturel mais aussi sauvage. A mi-chemin, l’auteur se permet de chambouler son récit pour faire avancer ses héros (même si cela est douloureux) et leur permettre de battre leurs démons personnels. La conclusion sera à la fois tragique et heureuse mais ce ne sera pas le seul moment d’émotion au cours du bouquin.

En allant sur la page du projet Kickstarter, vous vous ferez une bonne idée de l’allure du dessin de Longstreth mais c’est sans compter sur deux choses : tout d’abord la taille du bouquin (apparemment du 40x60) qui laisse toute la place au dessinateur pour s’exprimer et révéler des planches aux mille détails (si ce n’est plus). Les splash-pages étant tout aussi travaillées feront leur travail bien mieux qu’une planche de comics standard. Ensuite, la taille des pages permet aussi une mise en page avec de nombreuses cases ce qui est intéressant dès que les personnages cessent de parler et agissent. Du boulot, il y en a et pas qu’un peu. Le lecteur saura en profiter. C’est à peu près la même chose dans les scènes d’action (car il y en a aussi) qui gardent plein d’énergie.

Basewood est une jolie histoire et le projet de financement participatif lui a permis d’être publié dans un format digne de ce nom à un prix plus que correct. Une lecture vivement conseillée en version originale ou en version française.


Et le site de l’auteur : http://www.alec-longstreth.com/comics/ où on peut lire les BDs qu’il a réalisées dans le cadre du 24-Hour Comics.

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