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Bat-Mite #1-6

jeudi 25 février 2016, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Jurgens / Corin Howell)


Sur sa dimension, Bat-Mite est condamné. Il a visiblement fait des choses répréhensibles par la loi locale et a failli être exécuté. Mais le tribunal a
préféré une autre solution : l’exil. Maintenant Bat-Mite est sur Terre et on peut se demander si c’est réellement une bonne nouvelle. Et le voilà à bord d’une Bat-Mobile à pourchasser un gang de médecins qui n’ont pas forcément beaucoup étudié pour l’être. Après avoir jeté le véhicule du haut d’une falaise - Bat-Mite n’est pas connu pour être un bon conducteur -, il se retrouve en face de la vraie chauve-souris et lui annonce être là pour l’aider non sans lui avoir révélé qu’il savait très bien qui il était. Mais Batman a d’autres chats à fouetter comme de ramener la pauvre fille kidnappée par les faux docteurs. Quant à Bat-Mite, il rencontre soudainement une infirmière qui l’endort instantanément. Finalement, Batman aurait peut-être dû rester pour connaître le grand méchant de l’histoire, ou plutôt la grande méchante de l’histoire, Doctor Trauma.

Cette fois-ci, c’est bel et bien le personnage qui m’a poussé à suivre le titre. A bord, on retrouve le vieux briscard Dan Jurgens au scénario et une dessinatrice que je ne connaissais pas, Corin Howell. En ce qui concerne le scénario, Jurgens doit se débrouiller avec un personnage dont la principale occupation est d’enquiquiner les autres. Batman de préférence certes mais tous ceux qui vont rencontrer son chemin vont en prendre pour leur grade. Pas forcément de façon violente (quoique) mais plus de façon cartoonesque.
D’ailleurs, Jurgens ne loupe pas une belle allusion aux Animaniacs quand l’infirmière se pointe ("Saluuuuuut, nounouuuuu !"). Et les deux premiers numéros forment une aventure complète du héros miniature avec ce qu’il faut de gags et d’idées folles. Car oui, Bat-Mite est un Toon qui aurait découvert une porte d’entrée dans l’univers du Dark Knight. Jurgens se permet donc en fin de numéro 2 une nouvelle donne et un nouvel ennemi, histoire de faire durer le plaisir.

Aux dessins, Corin Howell donc. Dessinatrice qui aura beaucoup bossé étrangement sur The Transformers : Windblade (mais peut-être qu’elle y réalise une version miniature des robots) ainsi que sur des franchises "jeunesse" comme Ben 10, Hello Kitty ou encore Brave Warriors. Elle a aussi participé à Café Racer, un projet monté par Sean Murphy. Alors forcément, l’artiste doit avoir un trait rond pour coller à l’aspect cartoon de Bat-Mite et elle y arrive sans problème. Ses personnages humains plus standard sont aussi très typés dessin animé et les vilains ont tous les tronches
de vraiment vilains méchants pas beaux du tout. La plastique de tous les personnages est bien maîtrisée et bien entendu les expressions du visage le sont aussi. Mention particulière à Bat-Mite qui semble véritablement assimilé par l’artiste. Le découpage des planches est sage, les décors peu présents, mais les cases suffisamment nombreuses pour qu’on apprécie le travail de Howell et que la lecture soit agréable avec des cadrages variés.

Bat-Mite est donc une bonne surprise de la part d’une équipe créative qui ne faisait pas forcément partie de mes favorites. J’espère que la sauce réussira à prendre sur les numéros du premier arc.

P.S. Pour se faire une idée un peu plus précise du travail de Corin Howell, c’est par ici : http://rin636.wix.com/rinpin.


Mise à jour suite à la lecture de la mini-série :

J’ai été assez surpris par le choix de Dan Jurgens comme scénariste, c’est quand même celui qui a écrit le run de Superman où celui-ci se fait tuer par Doomsday et tout ce qui en suit (et qui est de qualité, hein, je ne dis pas le contraire). Le scénariste ne s’en tire pas trop mal concernant Bat-Mite et sur les six numéros, la plupart des aventures tiennent en un ou deux numéros, ce qui donne quelque chose de rafraîchissant.
On va avoir droit à pas mal de héros qui auront à faire à la créature magique : Hawkman, Robin (version Damian), Booster Gold ou encore les très méconnus et anti-héros Inferior Five. Les confrontations sont plutôt réussies surtout avec la présence de Robin ou Skeets et leurs répliques acides.
Jurgens en profite aussi pour faire sauter le quatrième mur de façon indrecte en mettant en place le super-vilain Gridlock qui arrête le temps en touchant quelqu’un et qui cherche même à garder l’univers tel qu’il était quand il avait dix ans. Le message auprès de fans un peu trop old-school est assez évident.

Howell réussit aussi à garder la qualité de son boulot tout au long de la mini-série apportant un vrai sentiment de bonne humeur pendant la série.

Bref, je ne crierai pas au génie et je pense qu’avec un vrai scénariste comique, Bat-Mite aurait pu être encore plus déjanté. Mais au moins, DC a couru le risque de publier une telle mini-série qui reste très agréable à lire.