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Bizarro #1-2

vendredi 21 août 2015, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Heath Corson / Gustavo Duarte)


Clark Kent a les mots pour convaincre. En faisant miroiter les ventes d’un hypothétique livre, il demande à Jimmy Olsen de bien vouloir emmener Bizarro au Canada en lui disant que le Canada, c’est un peu l’Amérique de Bizarro. C’est donc parti pour un road trip assez particulier d’autant que l’anti-kryptonien est accompagné de Colin, le Chupacabra, un être avide de sang mais si poilu et si ... mignon ...
Alors que la voiture d’Olsen subit un mauvais sort aux alentours de Smallville, les deux sont bien obligés d’attendre une possible réparation de la part du garage King Tut. Sauf que le propriétaire réussit une incantation impossible et que les dieux de l’Egypte - enfin ils y ressemblent beaucoup - vont lui donner un petit coup de main, même s’il s’agit d’hypnotiser tout le monde et de les convaincre d’acheter une voiture.

Si j’ai pris ce titre, ça n’est pas sur le nom de Heath Corson, scénariste et producteur de quelques dessins animés comme Batman Unlimited : Monster Mayhem et Animal Instincts, Justice League : Le trône de l’Atlantide et War, Batman : Assault on Arkham, ou bien encore l’adaptation animée de Scary Godmother en 2003. Pourtant le scénariste ne fait pas du mauvais boulot, il campe bien ses personnages, ne rend pas Bizarro trop incompréhensible (le coup du contraire de ce qu’il dit est une contrainte en terme d’écriture particulièrement horrible, donc songez surtout que Bizarro dit le contraire de ce qu’il pense, peu importe comment il le dit) et réussit à faire un buddy movie qui accumule les incidents, se mettant sur le dos non seulement deux personnes mystérieuses qui les filent depuis Metropolis mais aussi d’autres personnes qui pètent un plomb. Le souci, c’est qu’au niveau de la mise en scène des gags, c’est parfois imparfait, le crash de la voiture d’Olsen est hors-champ et on se demande pourquoi les personnages sont en dehors d’icelle. Dommage, ça tient à une case mais ça passe bizarrement. Idem pour le gag avec Flash quand le duo passe à Central City.

C’est d’autant plus dommage que Gustavo Duarte est aux commandes en ce qui concerne les dessins. Et là, c’est du pur plaisir. J’ai découvert le travail du dessinateur brésilien au cours d’un New York Comic Con. Duarde avait un stand partagé avec Fabio Moon & Gabriel Ba et c’est comme cela que j’ai découvert un de ses comics : Taxi. Un véritable coup de coeuru pour un dessinateur qui réalise ses planches sans aucun texte. Un tour de force qu’il réalisera à nouveau dans Monstres ! (disponible chez nous aux éditions Paquet). Sa présence semble montrer l’envie de DC Comics d’aller chercher des artistes sortant des canons de la maison d’édition. Grand bien leur en fait puisque c’est sur le nom de Duarde que j’ai tenté Bizarro. Alors forcément, le côté charmant de la bichromie disparaît totalement avec les couleurs de Pete Pantazis qui nous rapproche des comics standard avec un joli travail sans vraiment beaucoup de surprises. Ce qui est aussi intéressant dans Bizarro, c’est que des artistes invités viennent faire un dessin dans chaque numéros. Bill Sienkiewicz se chargera d’un dessin "rêve" dans le numéro 1 tandis que Kelly Jones et Francis Manapul réaliseront un Batman et un Flash dans le numéro 2. Ca n’apporte strictement rien à l’histoire mais ça donne un petit côté inhabituel et sympathique au titre.

Le premier arc de Bizarro sera composé de six épisodes (un avantage à ce que la numérotation des épisodes soit à l’envers - le #1 étant appelé America Part 6) et pour l’instant, je suis assez convaincu même si j’imagine que le résultat aurait pu être encore meilleur. Ceci étant, voilà une belle découverte et une belle prise de risques de la part de DC qui découvre, après Harley Quinn, que la comédie peut aussi être un rayon rentable. Espérons que Bizarro carburera aussi bien que la fiancée du Joker.

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