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Before, After & In Between

samedi 15 août 2015, par Mathieu Doublet

(Autoédité / Yuj Lee, Kathryn Mann, Emma Rand, Mal K. NGuyen, Omocat, Marina Julia, Nate Maurer, Monica Ray, Taylor C., Yasmin Liang, William Gibbons & Geraldine Chan)

Before, After & In Between est une anthologie à propos de la fin du monde découpée en trois chapitres : avant, après et pendant. 12 artistes sont à bord sachant que le
projet est dirigé par Yuj Lee qui réalise aussi le tout premier récit du bouquin. Bien entendu, le projet a vu le jour grâce à un projet Kickstarter.

Mon sentiment à propos de cette anthologie est plutôt positif. Malgré une couverture très impersonnelle et un sentiment de production un peu cheap, il faut bien reconnaître que le
livre est solidement réalisé et que cet aspect très froid colle bien avec son thème. Quant au contenu, il est très largement à la hauteur. Chaque histoire a sa personnalité propre, et comble du bonheur,
réussit à taper dans le compréhensible à chaque fois, ce qui est un gage quand on voit la diversité habituelle des récits des autres anthologies et la volonté d’y mettre une variété de récits ce qui implique
forcément des choses plus poétiques ou plus abstraites.
Autre point positif, c’est la source de cette fin du monde. Si globalement, la fin la plus probable vient d’une guerre nucléaire, beaucoup d’auteurs choisissent de ne pas l’exprimer clairement car en effet, ça n’est pas la cause
des événements qui est important mais bel et bien comment les gens réagissent à ce phénomène. Yuj Lee réalisera d’ailleurs un très bon récit d’entrée de bouquin même si cette histoire n’est pas celle que je préfère graphiquement.

Et autant dire qu’en graphisme, les auteurs ne sont pas non plus des manchots. Si une poignée d’entre eux est naturellement inspirée par la culture manga, c’est un genre qui est le plus souvent bien digéré et / ou bien reproduit. C’est Mai K. NGuyen qui sort
particulièrement du lot. D’une part, parce que son récit est en couleurs, ce qui est rare dans ce livre et d’autre part, parce que ses planches sont plus stylisées que les autres, rappelant plus les estampes japonaises que les mangas. Mais
avec une personnalité propre, bien entendu. C’est aussi l’occasion de relire du Nate Maurer, l’auteur du très déjanté Double K qui réalise ici un récit très Mad Maxien mais à la conclusion déconcertante.

Si vous voulez en voir plus, allez jeter un oeil au Tumblr du projet qui vous montrera quelques images. (Le bouquin date de 2013 donc forcément, il n’y a plus beaucoup de mises à jour.)