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Scarlet Traces

mardi 11 août 2015, par Mathieu Doublet

(Kymera / Ian Edginton / D’Isreali)


Les extra-terrestres ont débarqué sur Terre et finalement, se sont pris une rouste. Mais pas par les Etats-Unis, pas par la Russie, pas par aucune grande force militaire. Non, ce sont les Anglais qui ont été envahis et qui ont réussi à finalement prendre le dessus. A tel point qu’ils ont bien étudié toute la technologie alien et l’ont adapté à la vie de tous les jours. Ce qui ne change pas grand chose, socialement parlant, ceci dit.
Et puis, il se trouve que des cadavres de femme sont retrouvés dans la Tamise. Alors quand un ami de Robert Autumn et Archibald Currie vient leur demander de l’aide pour retrouver sa fille, ils mettent le doigt dans une affaire qui va logiquement les dépasser.

Ca fait une paye que Kymera a sorti Scarlet Traces, dix ans précisément. Et pour l’éditeur français de Stranger Than Paradise, c’est l’occasion de passer à la couleur et au format comics classique. Scarlet Traces a plusieurs avantages : pas une grosse licence, un récit complet en quatre chapitres (c’est d’ailleurs comme cela que Dark Horse l’aura publié par la suite après une première édition en recueil) et surtout un ton particulier qui sonne bien anglais. Ce qui n’est pas une suprise puisque Ian Edginton vient effectivement d’Angleterre mais ça n’est pas là qu’il a le plus publié. En effet, le scénariste a longtemps bossé chez Dark Horse mais sur des comics à licence comme Aliens, Predator, Terminator ou La planète des singes. A l’exception de deux mini-récits publié en Grande-Bretagne, Scarlet Traces est son premier récit à lui tout seul. Et c’est tellement une réussite que je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt.
Edginton va frapper au rayon steampunk grâce à la technologie martienne qui possède des attributs animaliers mais aussi tout un système qui semble fonctionner à la vapeur (la garde montée est juchée sur des araignées mécaniques). Un univers steampunk dans lequel évolue deux militaires dont le duo n’est pas sans rappeler Sherlock Holmes et le Docteur Watson. Quant à l’enquête, elle est finalement assez classique au rayon conspiration mais souligne avec justesse le climat social délétère du Royaume Uni dans la plus pure tradition.

L’autre avantage de Scarlet Traces, ce sont les dessins de D’Israeli (pseudonyme de Matt Brooker si j’en crois les copyrights). Les personnages ont tous des trognes marquantes voire improbables dans un style qui mêle simplicité du design et souci du détail. A ce titre, tout l’univers de Scarlet Traces est un plaisir pour les yeux avec des décors tout bonnement sublimes aussi bien dans le soin apporté à l’architecture qu’aux engins extra-terrestres ou bien aux costumes des différents seconds rôles.

Scarlet Traces est donc une lecture sympathique qui vaut plus pour son côté politique que pour son intrigue déjà lue. Et comme ça flatte la pupille, la pilule passe sans aucun effort.

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