Onirique Comics 7.1

Accueil > Para-comics / Meta-comics > Films / Séries TV > Ant-Man (2015)

Ant-Man (2015)

mardi 21 juillet 2015, par Mathieu Doublet

un film réalisé par Peyton Reed, avec Paul Reed, Evengeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll ...


Scott Lang est un voleur. Un bon gars (il est contre la violence quand il commet un vol) mais un voleur quand même. Et sachant que sa vie
de criminel lui a coûté sa femme (qui s’est remarié avec un flic) et sa fille, il décide de se ranger. Pas facile pour un ancien taulard
de retrouver un emploi et malgré toute la patience et la bonne volonté qu’il met dans des jobs souvent ingrats, son passé le rattrape.
Alors quand son ancien camarade de cellule lui propose un job, il a du mal à refuser tout en promettant que ce job est le dernier. Il suffit
d’aller chez un vieux monsieur, d’ouvrir un coffre et de récupérer les sous qui sont dedans. Et vu le bonhomme, il doit y avoir de la maille à
se faire. Comme dernier coup, cela peut être un coup salvateur.

Sauf que Lang, une fois qu’il a déjoué les multiples protections du coffre en question, se rend compte qu’il n’y a quasiment rien dedans. Et surtout pas
d’argent. Seulement, une combinaison un peu futuriste et quelques fioles d’un liquide visqueux et rouge transparent. Bah, quitte à avoir tout planifié, autant
ne pas repartir les mains vides. Sauf que la maison, c’est celle d’Hank Pym, scientifique ayant travaillé sur la réduction de l’espace entre les atomes, refusant
de donner sa formule au SHIELD de peur que l’organisation ne se serve d’icelle à des fins militaires, et étant tout à fait conscient qu’on est en train de le braquer.
A vrai dire, c’est même lui qui a tout organisé. Et il est bien décidé à demander à Scott Lang de rendosser son costume de voleur, un costume un peu particulier cette fois-ci,
puisqu’il lui permet de se rétrécir à volonté.

A dire vrai, Ant-Man me faisait peur, très peur car le film, prévu pour être réalisé par Edgar Wright (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Le dernier bar avant la fin du monde, Spaced)
a changé de mains, arrivant dans celles de Peyton Reed (pas mal de séries ou de comédies pas très originales). Et au début du film, c’est parfois assez laborieux dans l’exposition
des personnages et les scènes de comédie : il y a clairement un problème de rythme et de montage et ce, dès la première scène. C’est à peu près à ce moment du film que j’ai failli m’endormir
et que je me suis demandé ce qu’on pouvait attendre d’un film comme Ant-Man passant après des blockbusters comme l’adaptation des Vengeurs.
En effet, le héros est de seconde zone, n’a pas de pouvoirs réellement dévastateurs, n’est pas particulièrement invincible et ne pas se fritter contre Thanos ou Galactus. Du coup,
les scènes apocalyptiques et les hordes d’ennemis armés jusqu’aux dents, Ant-Man ne peut pas les affronter de la même façon. Pour rendre le film intéressant, il fallait donc de bonnes idées,
des choses un peu novatrices et rendre le pouvoir suffisamment intéressant au niveau visuel pour sortir du lot.
Le film n’y arrivera pas dès le début et on sent dans la scène de la baignoire (la première fois où Scott essaie son costume) l’envie des producteurs de scotcher les spectateurs ayant acquis
une paire de lunettes pour voir le film en 3D. Passée cette scène de montagnes russes obligée, l’utilisation du costume devient plus inventive, voire plus drôle. Les scènes spectaculaires seront
encore de la partie bien sûr mais seront, à mon humble avis, moins téléphonées. Les bobines iront crescendo jusqu’à une scène finale absolument superbe où Ant-Man devra affronter le méchant vilain
pas beau (vu dans la première saison de House of Card) et portant l’armure du Yellowjacket, une armure nettement plus offensive. Là, c’est que du bonheur, la scène d’action dans un lieu particulièrement
inhabituelle et le jeu du rétrécissement / augmentation particulièrement bien trouvé (superbe utilisation du montage et de la bande son qui créé la surprise).

Les acteurs sont aussi assez bons dans leur rôle : Paul Rudd fait un héros crédible, musclé mais aussi capable de soutenir les scènes comiques ; Michael Douglas est suffisamment convaincant dans son héros
de scientifique vieillissant sans trop cabotiner et Corey Stoll incarne un méchant fou légèrement stéréotypé mais qui fait bien le boulot. Il n’y a qu’Evangeline Lilly qui est un peu trop crispée à mon goût.
Elle a tout de la méchante assistante avec sa perruque brune alors qu’il n’en est rien. Et son jeu n’est pas suffisamment fin pour incarner la fille de Pym déçue par son père et jalouse de Scott Lang.

Et Edgar Wright dans tout ça ? Hé bien, il est toujours au poste de producteur exécutif (histoire de récupérer quelques billes investies) et surtout au poste de scénariste en compagnie de Joe Cornish
(co-auteurs des finalement peu convaincants Attack of the Block et Tintin : Le secret de la Licorne). Et personnellement, je vois bien la patte du scénariste dans certains gags récurrents et très probablement
dans la scène finale du film, pleine de bonnes idées. Ant-Man est donc un très bon film de super-héros avec un mélange de genre assez bien trouvé entre comédie et film de braquage. Le film aurait certainement pu être
excellent, il est juste très bon et c’est déjà pas mal.

P.S. Vous vous direz peut-être, "il est où, Stan Lee ?", hé bien, il arrive assez tard dans le film ; en épilogue pour être plus précis. Et il y a deux scènes post-génériques, la première après les crédits qui mettra en scène
Pym et sa fille, la seconde après tous les crédits et où on verra Captain America et le Faucon (qui apparaît dans le film dans une belle scène d’action). Cette dernière m’a bien rendu perplexe mais il faudrait peut-être que je me
revoie Captain America 2, histoire de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre.