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The Big Con Job #1-4

lundi 14 septembre 2015, par Mathieu Doublet

(Boom ! Studios / Jimmy Palmiotti & Matt Brady / Dominike "Domo" Stanton)


Etre un acteur de série B, ça va un temps. Mais le plus souvent, on est happé par son rôle et pour peu que la série ait du succès, on ne peut même plus en sortir. Du coup, on fait les conventions de comics, on signe des photos, on prend quelques dollars au passage. Et ce qui est une agréable manière de rencontrer ses fans tant que la série fonctionne devient rapidement l’unique source de revenus quand on prend un peu de bouteille. Pour certains, c’est un cap trop compliqué à gérer, d’autant plus si sa vie personnelle est déjà fragile. Pour certains, c’est une compagne qui s’en va ; pour d’autres, ce sont des avis d’expulsion pour loyer impayé.
Et puis, un beau jour, il y a un agent qui débarque ; il vous aime beaucoup et vous fait faire des conventions supplémentaires mais avec des avantages financiers indéniables. Jusqu’à ce qu’il vous propose un plan un peu étrange : braquer la plus grosse convention du monde de l’imaginaire, la convention de San Diego. Votre rôle ? Ben, faire l’acteur tout simplement, ce que vous avez fait toute votre vie.

Hop, là, en gros, c’est le premier numéro. Il faut dire que Jimmy Palmiotti (que l’on ne présente plus ici) et Matt Brady (beaucoup de rédactionnel dont une partie dans feu le magazine Wizard, un numéro de Buck Rogers et un de Warlord of Mars) prennent bien leur temps pour présenter leurs personnages et surtout les conditions qui les amènent à accepter un plan assez risqué. Le souci, c’est que le numéro 2 lui aussi fait le même travail, alors qu’il présente aussi un jeune acteur qui fera partie du grand plan. Forcément, quand on est arrivé à la moitié de la mini-série, cela fait un peu peur. Le numéro suivant met les choses en branle et fonce même à mille à l’heure puisque l’arrivée d’une nouvelle protagoniste va déclencher l’élément imprévu de l’histoire.

En ce qui concerne les dessins, c’est un vrai plaisir. C’est Dominike Stanton qui est à bord. Le dessinateur débute mais on a déjà pu le voir dans un numéro de Deadpool, de Deadpool Family, et quelques boulots chez Action Lab ou Oni Press. Stanton a son style bien à lui, dynamique et suffisamment détaillé. Ses personnages ont des allures bien distinctes mais on notera toutefois que le dessinateur leur donne un aspect asiatique assez étrange mais qui ne dérange pas plus que ça si vous pouvez sortir du carcan habituel du dessin de comic-book. A vrai dire, j’imagine que Stanton est bien plus inspiré par le street-art que par le manga et que c’est cette digestion de différents styles qui lui permet de produire de telles planches. Si le scénario laisse beaucoup de moments tristes voire touchants et que Stanton s’en sort très bien, il y a aussi une certaine plasticité cartoon aux personnages qui fait que le tout est finalement assez léger.

The Big Con démarre trop lentement pour véritablement se terminer de façon honnête mais qui sait, une bonne surprise peut toujours arriver avec le numéro 4. In Palmiotti I trust.

P.S. Comme souvent avec les projets signés Palmiotti, c’est Amanda Conner qui gère les couvertures toujours très drôles.


Mise à jour suite à la lecture du numéro 4 : Hé bé, c’est pas passé loin. Heureusement, les scénaristes ont la bonne idée qui sauve le titre de la médiocrité. Une bonne surprise qui fait passer le titre de tiède à sympathique. La solution "les piégeurs piégés" auraient aussi été une bonne idée mais pas très réaliste vu le temps nécessaire et les moyens mis en place par les vilains de l’histoire.
La conclusion est elle aussi attachante et révèle le message du titre, une embrassade à tous les acteurs de série B qui ont bercé bien des adolescences.

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