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Imperial #1-4

lundi 13 juillet 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Steven T. Seagle / Mark Dos Santos)

Imperial est un super-héros. Un super-héros qui a à la fois sa propre série de comic-book mais qui agit tout autant dans le monde réel.
Et alors que Mark O’Donnell répand les cendres de son père au bord d’un précipice des montagnes du Colorado, quasiment seul au milieu de
la nature sauvage, c’est là qu’il est contacté par le super-héros. Autant dire que ça fait un choc, un choc dont Mark va difficilement se remettre
et auquel il réagira en salissant intérieurement son pantalon. Pas forcément la meilleure première impression qu’on puisse faire. Surtout quand
le super-héros annonce que sa couronne lui a dit que Mark serait son successeur. Pour un jeune homme dont la priorité actuelle est la préparation d’un
futur mariage, autant dire qu’un entraînement super-héroïque n’est pas l’activité la plus urgente.

A travers une mini-série complète en quatre numéros bien généreux (de couverture à couverture, il n’y a QUE de la BD, les crédits sont même en quatrième de couverture),
Steven Seagle nous propose une histoire de transmission, d’héritage de pouvoir mais avec quelqu’un qui n’en veut pas et que l’on force. Une idée toute bête,
toute simple que le scénariste développe de façon fort logique à travers un très bon lots de dialogues entre Imperial et Mark ainsi qu’en Mark et sa copine Katie.
Les personnages fonctionnent très bien et chacun aura une idée assez forte de ce qu’il veut faire. Les scènes d’action seront elles aussi présentes mais pas les plus
importantes du récit même si la présence d’un grand méchant en fin d’histoire sera déterminante pour la conclusion.

Mark Dos Santos, déjà vu sur la seconde mini-série dérivée d’Eureka, réalise des planches vraiment très très bonnes avec des personnages très soignées ayant leur lot
d’expressions variées et manie à la fois une certaine plasticité très cartoon avec une conception relativement réaliste des corps (je préviens quand même que Mark est bien musclé
et que Katie est une bombasse rousse aux mensurations très généreuses). On pourra même parfois rapprocher le travail du dessinateur de celui de Phil Noto, avec un effort beaucoup
plus considérable sur les décors. La colorisation de Brad Simpson est tout autant de qualité avec des effets d’ombre et de lumière bien rendus.
On ne peut pas dire qu’il y a beaucoup de fantaisie au niveau de la mise en page, le dessinateur se limitant
souvent à trois cases horizontales. Si ça n’est pas extrêmement folichon, c’est ce qu’il y a de plus simple en matière de lecture et pour un récit qui tient plus sur les relations
entre personnages que les scènes d’explosions et de bastons, ça ne gêne pas particulièrement la lecture. D’autant que Dos Santos peut se permettre ce rythme grâce à toute la place qui
lui est donnée dans ces 32 pages.

Au final, Imperial est un récit bien fichu, comme c’est souvent le cas avec Steven Seagle et toujours un regard légèrement décalé qu’on ne voit nulle part ailleurs. Avec des numéros pleins
la gueule de dessins, de jolies couvertures marquantes, et donc d’un ton particulier, Imperial vous donnera certainement partie d’agréables surprises de lecture sans être révolutionnaire.