Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > IDW > 30 Days of Night > 30 Days of Night TPB 4 : Bloodsucker Tales

30 Days of Night TPB 4 : Bloodsucker Tales

dimanche 14 juin 2015, par Mathieu Doublet

(IDW / Steve Niles & Matt Fraction / Kody Chamberlain & Ben Templesmith)

Lu version papier et relu en numérique. Bloodsucker Freaks est une mini-série en huit numéros.

D’un côté, il y a un humain qui vient de se faire mordre par un vampire. Ce dernier vient de perdre son compagnon et est bien décidé à se venger ou plutôt à se refaire un compagnon. Manque de bol,
l’humain en question n’y comprend goutte et réussit à dépenser suffisamment d’énergie pour abattre son créateur. Mauvaise pioche car il n’a plus personne pour l’aider dans sa nouvelle non-vie. Du coup, il se rend chez son ancienne petite amie qui lui conseille d’aller voir un professeur d’université, celui qui les avait emmenés voir la conférence de Stella Olemaun. Et là encore, il s’agit d’une mauvaise idée.

De l’autre, il y a Lex Nova, un détective pas comme les autres, qui dit tout haut ce qu’il veut se dire à lui-même sans s’en rendre compte. Forcément, ça rend les gens mal à l’aise et autant dire que la population de Juarez, (Nouveau ?) Mexique, va lui faire confiance pour retrouver les assassins des 400 filles de Juarez. Dans un no man’s land où la population est entre l’esclavagisme et l’alcoolisme dur et où la police est à la solde de ceux qui ont de l’argent, Lex va avoir bien du mal à trouver les meurtriers d’autant qu’une bande de vampires pense que c’est l’un des leurs qui est aux commandes. Et retrouver un ancien membre de famille, ça compte forcément.

Bloodsucker Tales est donc publié sous la forme d’anthologie racontant deux histoires n’ayant pas beaucoup de points communs, mis à part les vampires bien sûr. Et je vous avoue que la première fois que j’ai lu ces histoires en le payant au prix fort version papier, j’avais été très déçu et j’avais même trouvé ça très très nul. Il m’a fallu deux lectures en format numérique pour y comprendre à nouveau quelque chose. Il faut dire que les deux histoires sont décevantes mais pas pour les mêmes raisons. Celle de Steve Niles qui met en scène le nouveau vampire est un peu décevante parce qu’elle est bien trop simple. Elle met en scène pas mal de personnages dans une espèce de course poursuite où il n’y a pas de rebondissements. Alors oui, cela ajoute quelques éléments de à la mythologie de 30 Days of Night, cela apporte un autre regard sur la révélation des vampires dans notre monde et la fascination morbide qu’elle inspire. Mais je ne pense pas qu’il y avait matière à le développer sur l’équivalent de 4 numéros, a fortiori découpé en deux.

Dans cette histoire, c’est l’occasion de découvrir le travail de Kody Chamberlain (Punks : The Comics essentiellement, mais aussi Sweets publié chez Image Comics ou encore l’adaptation comics de Blood Rayne). Par rapport à ce que l’on a pu voir dans l’univers de 30 Days of Night, Chamberlain fait office de dessinateur nettement plus réaliste dans ses dessins et la représentation des personnages. Ceci étant, il s’approprie et les codes couleurs de la série et la conception des vampires et le changement d’un personnage entre sa version humaine et sa version suceur de sang. Il comprend aussi bien que certaines cases peuvent rester à l’état de croquis très avancé et que cela ne choquera pas le lecteur. Avec une mise en page très aérée, il soutient l’action du récit mais n’apporte pas de profondeur à celui-ci.

La seconde histoire, signée Matt Fraction, est celle qui m’a demandé le plus d’effort. D’une part, parce que le scénariste (encore débutant à cette époque, il n’a pas encore publié Casanova, c’est dire) se permet quelques facilités avec le genre vampiresque, écrivant de nouvelles règles surprenantes et qu’il faut supposer jusqu’à la dernière partie du récit, celle qui correspond au passé de Lex Nova, personnage absolument incroyable de détective privé à la ramasse. C’est véritablement le personnage qui tient tout seul cette histoire finalement assez simple mais trop alambiquée pour être compréhensible. La faute à une gestion du temps et la présence d’ellipses qui ne guide jamais le lecteur. On ne comprend pas comment la bande de vampires a pu être séparée, on n’aura pas droit au grand combat final entre les deux "monstres" de cette histoire et finalement, il faudra faire beaucoup d’interprétations sur ce qui c’est finalement passé. Ceci étant, la dernière partie qui est un gigantesque retour en arrière permet de combler certaines interrogations. Jusqu’aux deux dernières cases encore une fois difficilement compréhensibles.

C’est Ben Templesmith qui réalise l’illustration de cette histoire et on est en terrain très connu avec les qualités et les défauts du dessinateur. J’ai beaucoup aimé sa bande de clowns vampires mais j’ai trouvé que le personnage de Lex Nova était trop ambigu graphiquement parlant, ce qui allait bien sûr avec le scénario.

Bloodsucker Tales est donc un recueil très moyen avec une histoire de Niles trop simpliste et une de Fraction trop compliquée dans son traitement. Reste le personnage de Lex Nova mais cela fait peu pour sauver un bouquin. La version numérique a été acquise lors d’une promo donc je n’ai pas eu à trop souffrir financièrement cette fois-ci.