Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Dark Horse > Past Aways #1

Past Aways #1

mercredi 10 juin 2015, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Matt Kindt / Scott Kolins)

A noter que j’ai bénéficié d’une version "service de presse" pour ce numéro que je n’ai donc pas acheté.

Ils sont cinq et ils viennent du futur. Pas cent ans, dans le futur, pas mille ans. Non, leur époque d’origine date d’un million deux cent mille ans. Autant dire qu’après une légère erreur de calcul,
l’explosion de leur vaisseau et de leur chrono-balise, les explorateurs se sentent un peu comme si nous étions au temps de la Préhistoire. De quoi se sentir mal, très mal, d’autant qu’ils sont quasiment immortels. Et forcément, après une situation critique comme celle-ci, les cinq ont bien entendu pris des chemins différents. Mais tout récemment, l’apparition d’un dinosaure-dragon en Grèce a lancé un signal particulier. En effet, l’animal en question s’est distingué en projetant de l’acide par le derrière sur un passant qui voulait faire un selfie. Dommage pour le spectateur qui se désintègre en quelques secondes et horreur parmi la foule. Pour nos héros, c’est peut-être le signe que leur monde n’est pas tout à fait hors de portée, qu’il y a peut-être une voie de secours, une échappatoire. Bien entendu, pour l’emprunter, les choses risquent de ne pas être très aisées.

Le très prolixe Matt Kindt prépare son après Mind MGMT qui va bientôt arriver à sa conclusion à l’heure où vous lirez ces lignes. Non seulement, il scénarise le renouveau de séries Valiant (dont Raï, disponible en VF) ou DC mais il se permet aussi de développer des concepts en creator-owned comme ce Past Aways. A la lecture, cela n’étonnera personne puisque quasiment chacune des planches est affublée d’une note de bas de page qui permet de donner plus d’information sur l’univers par le biais de description de gadgets et tout cela sans gêner la lecture de la bande dessinée. Pour le coup, Kindt affine ce qu’il avait déjà accompli avec Mind MGMT puisque sur la série qu’il gérait entièrement, il était difficile de suivre l’action du bouquin et ce qui était écrit dans les marges en même temps.
En ce qui concerne ce premier numéro, on a surtout droit à la présentation des protagonistes dans les grandes lignes, quelque chose que la couverture faisait déjà très bien toute seule. Du coup, c’est un peu dommage parce qu’on aimerait en savoir plus sur les différents entre les héros, même si les caractères de chacun sont désormais bien compréhensibles. Kindt décompresse un poil trop sa deuxième moiité de numéro et permet, vraisemblablement, à l’équipe de se former. En tout cas, le signal est donné. Le scénariste n’oublie absolument pas les scènes d’action pour que tout cela passe le mieux possible et cela permet aussi de voir comment les héros gèrent différemment le même désespoir. Pour terminer, une page de texte nous permet de suivre les premiers pas sur Terre pour nos explorateurs et c’est très bien écrit et informatif sur le futur très utopique qui aura lieu dans un million d’années.

Au dessin, on retrouve Scott Kolins. Ceux qui sont des habitués savent qu’il ne s’agit pas d’un de mes dessinateurs préférés (notamment à cause d’un trait que je trouve trop grossier surtout dans les visages et les expressions). Mais il faut aussi reconnaître que le dessinateur sait aussi bien rendre les choses, que la conception des différentes créatures ou objets technologiques est intéressante (même si peut-être encore trop proche de nous pour un écart d’un million d’années). La grande scène de baston de bar est bien mise en scène, tout comme celle d’introduction avec le preneur de selfie idiot.

Past Aways est donc une série qui démarre de façon sympathique. Sans avoir le coup de coeur total, je suis assez curieux de voir comment Kindt va s’en sortir et surtout de voir comment la série va évoluer, si elle se dirige vers un format série régulière ou si on est plus dans le cas d’une maxi-série. A suivre donc.