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DC Covergirls

samedi 6 juin 2015, par Mathieu Doublet

(Universe / Louise Simonson)

Je profite de la traduction du bouquin par Urban pour sortir ce livre de mon étagère poussiéreuse.

DC Covergirls est un ouvrage à mi-chemin entre l’essai et l’art-book. Il va retracer les portraits des grandes héroïnes de la branche bandes dessinées, filiale de la Warner.
6 parties à bord : Wonder Woman, bien sûr, la première super-héroïne, seule femme à composer la sainte trinité entre Superman et Batman ; Lois Lane, ensuite, car là aussi, elle gagne à l’ancienneté
(même si cela ne se dit pas pour une dame) ; Supergirl ensuite avec sa palanquée d’identités secrètes et différentes. Puis de façon plus globale, on aura droit à une partie sur toutes les filles de Gotham ; sur celles des univers parallèles et plus adultes de l’univers DC à savoir Vertigo & Wildstorm. Et pour conclure le tout, la dernière partie fera le point sur les héroïnes contemporaines les plus en vues, celles qui ont réussi à mettre le projecteur sur elles sans gagner à faire partie d’un élément particulièrement de la mythologie de DC.

Et cela en un tout petit peu plus de 200 pages richement illustrées. Autant dire qu’on n’est malheureusement pas dans l’ouvrage de fond, celui qui montrera précisément l’évolution de la condition féminine au sein de DC Comics. Et deux grandes raisons à cela : le bouquin date de 2007 et même si les labels indépendants commencent à prendre leurs aises, même si le lectorat féminin s’est déjà bien
exprimé à travers les productions Vertigo, on n’a pas encore atteint ce que l’on connaît aujourd’hui où une maison d’édition va tout faire pour embaucher plus de femmes scénaristes sous la seule impulsion du public et du buzz numérique. La deuxième, c’est bien entendu la place qui est donnée au texte. Et pourtant, il faut avouer qu’avec le peu d’espace qu’on lui attribue, Louise Simonson s’en tire admirablement bien, notamment en légendant toutes les couvertures qui seront présentes dans ce bouquin. Les textes plus aboutis sont tout aussi intéressants et même si vous n’apprendrez peut-être rien, c’est suffisamment bien écrit pour profiter d’une révision très agréable de l’histoire du comic-book, sachant que cette histoire fait assez peu mention de la concurrence, bien entendu.
Simonson a aussi pas mal de crédit aussi bien en tant que scénariste (si pour moi, elle est indissociable d’X-Factor, elle a aussi contribué à Power Pack, aux New Mutants ainsi qu’à la saga de la Mort de Superman avec surtout tout ce qui se passe après) mais aussi en tant que responsable éditoriale (en commençant chez Warren Publishing puis en passant chez Marvel). Avec son mari, artiste de comic-book, autant dire que l’auteure de Covergirls connaît assez bien le sujet et a souvent des petites anecdotes sympathiques (comme le fait qu’on la retrouve comme modèle pour une couverture de House of Secrets #92).

Et forcément, au niveau de l’iconographie, ça va taper dur la rétine. Pas que les couvertures choisies soient les plus aguicheuses qui aient jamais été publiées, loin de là et celles qui montrent le plus de fesses et de nichons ne sont pas celles qui sont mises en avant. Par contre, on va pouvoir apprécier le travail d’une brochette d’artistes assez fabuleuse en allant d’Adam Hughes - qui signe l’avant-propos du bouquin, à mon avis peu inspiré mais qui fait le boulot - à Brian Bolland en passant par Frank Quietly, Ed Mc Guiness, Marcos Martin, Alex Ross, mais aussi de vieux briscards comme Ross Andru, Curt Swan, Irv Hasen, ...

Au final, un bien beau bouquin avec un peu d’information et beaucoup d’illustration. Je serais bien curieux de savoir ce que donnera un bouquin équivalent dans cinquante ans ...