Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Image Comics > Burn The Orphanage : Born to Lose #1-3 & Reign of Terror (...)

Burn The Orphanage : Born to Lose #1-3 & Reign of Terror #1-5

jeudi 4 juin 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Sina Grace & Daniel Freedman / Sina Grace)


Rock est ce qu’on pourrait appeler un asocial. Après avoir été le dernier survivant de l’incendie de l’orphelinat dans lequel il vivait, il a grandi, il s’est musclé, il s’est spécialisé dans l’art de la baston de rue et il est devenu bon, très bon. Une vie normale, un job stable, une femme, des enfants et un chien, ça n’est pas forcément son truc. Et là, il s’est enfin décidé à enquêter sur l’incendie. Il est prêt à en découdre et à aller jusqu’au bout. Pour mener sa mission à bien, il a Bear à ses côtés, un ami d’enfance plutôt costaud et Lex, la nana qui n’a pas froid aux yeux et qui est tout à fait capable de se défendre seule. L’amie, la soeur, plutôt que l’amoureuse. Et quand Rock apprend que c’est la grosse corporation locale qui est responsable de l’incendie, il n’y a plus qu’à atteindre le siège social et monter les étages un à un et à affronter les différents individus qui voudraient se battre pour protéger leur patron.

Oui, si vous avez connu les jeux vidéos dans les années 80, ce scénario vous semblera familier. On n’est pas loin du beat’em all à la Kung Fu Master, Double Dragon ou encore Final Fight. Le héros avance, tabasse, avance, tabasse, avance jusqu’à arriver au boss qu’il vaincra forcément. Et ça, ça n’est que la première partie de la mini-série Born To Lose. La deuxième partie sera quant à elle une adaptation toujours de jeux de combat mais cette fois-ci, en jeu de combat puisqu’on se rangera dans la catégorie Street Fighter / Soul Calibur avec un tournoi organisé par une énigmatique sorcière. C’est le véritable déclencheur de tout ce qui se passera par la suite, à commencer par la dernière partie de Born to Lose où Rock se retrouvera propulsé sur la planète d’une race d’extra-terrestres belliqueuse. Cette troisième partie prend un peu plus son temps pour plonger le héros dans l’embarras est reviendra à une sauce 8-bit ainsi qu’à une belle allusion au jeu de plate-formes.
Reign of Terror plongera Rock dans le futur (plus ou moins proche) et s’écartera beaucoup du modèle video-ludique classique en se reclassant en série de "résistance". A la limite, on pourrait dire que le comics est passé aux jeux de consoles "next gen" avec plus de développement de personnages, un environnement lui aussi plus étendu et une pelletée d’ennemis (comme ce sont des robots, on peut en sortir des dizaines sans souci).

J’avais beaucoup apprécié la première mini-série qui tapait sans honte dans le côté nostalgique du beat’en all. Je savais où j’allais, il n’y aurait pas beaucoup de surprises et le jeu était plutôt de voir comment les auteurs s’étaient appropriés les classiques de consoles de salon (amateurs d’Amstrad, Atari ou Amiga, vous serez sans souci de la partie, ne vous inquiétez pas). Et le résultat est vraiment réussi. Ca bastonne, ça ne se prend jamais la tête (comme les héros, fondamentalement anarchistes), ça avance et les conclusions réservent quelques petites surprises pas désagréables. Comme c’est ultra-violent, ça va saigner pas mal ce qui n’est pas non plus sans rappeler Ken le Survivant. Bon, je vous rassure, c’est quand même moins gore et moins estampillé bondage sado-maso.
Reign of Terror est à mon avis, une idée qui aurait gagné à être traitée de manière beaucoup plus expéditive. Mais je comprends aussi la volonté des auteurs de développer leur monde, leurs personnages et les relations qui les animent. Forcément, ça implique quelques scènes "chocs" où des protagonistes importants y laisseront la vie qui cassent un peu le côté film d’action décérébré. Ceci étant, l’humeur sombre ne dure jamais longtemps dès que la baston reprend ses droits.

Au dessin, on retrouvera Sina Grace (Lil’ Depressed Boy, Self-Obsessed) qui garde quand même une patte reconnaissable même si les genres ne sont pas du tout identiques. Il n’en reste pas moins que Grace va se donner à fond et rendre des héros à la fois sympathiques et très agréables à l’oeil (l’armée de ninjas nues ravira les hétéros et les autres en auront aussi pour leur contentement - Grace se mettant d’ailleurs en scène dans le bouquin à travers un rôle pas forcément très reluisant). Les scènes d’action sont très bien rendues et on aura droit à des planches forcément ultra-dynamiques et puissantes quant il s’agira de rendre la force des coups donnés. Le dessinateur n’est cependant pas d’une précision robotisée et on verra bien que certaines planches sont réalisées plus à l’arrache que d’autre et ce, pas forcément pendant les scènes appelant un côté plus "écorché". Ceci étant, la copie est d’un haut niveau et ne gêne absolument pas le plaisir de la lecture.

Burn the Orphanage est donc parti d’un délire et a réussi à développer son univers qui peut encore continuer à vivre à travers de nouvelles mini-séries. Espérons cependant que les auteurs réussiront à retrouver l’énergie de la première mini-série, voire l’effet "one shot" que chacune des parties avait l’avantage de contenir.


Pour info, j’avais déjà chroniqué les deux premiers numéros de Born to Lose, ici.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0