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The Life After #1-10

jeudi 21 juillet 2016, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Joshua Hale Fialkov / Gabo)

Jude est un homme fatigué par la vie. Répétitive, sans réel but, elle ne lui apporte aucune joie. Alors un jour, il se demande s’il ne pourrait pas y changer quelque chose. Comme de simplement ramasser le mouchoir que fait tomber tous les jours une jeune femme qui prend le même bus que lui, histoire que pour une fois, il puisse voir son visage. Mais quand il l’appelle, elle ne réagit pas et quand il veut descendre, le chauffeur du bus lui répond que ce n’est pas là qu’il descend d’habitude. C’est quand le chauffeur l’empêchera de descendre physiquement que Jude va faire une sacrée découverte : il semble entrer dans leur vie, comme s’il pouvait accéder à ce que les gens sont vraiment au fin fond d’eux-mêmes. Autant dire que ça n’est agréable ni pour la personne, ni pour Jude. Et quand il décide de suivre la jeune femme qui l’ignore bien longtemps, il est confus quand à ce qu’il apprend et au devenir de la jeune femme. Quelques mots de Jude feront même que la femme disparaît dans un éclair. Autant dire une expérience des plus traumatisantes. Et là, Jude ne sait plus du tout où il se trouve, ni même dans quel monde il se trouve. Ce que Jude ignore, c’est que ce qu’il a fait n’est pas passé inaperçu aux yeux de ceux qui contrôlent tout ce petit monde ...

Difficile de décrire The Life After sans déflorer le sujet et vous donner envie de lire le bouquin. Je pourrais vous dire de me faire confiance et d’y aller les yeux fermés, mais peut-être que j’ai parfois été trop enthousiaste. Alors comment parler de cette série de Joshua Hale Fialkov (le prometteur Elk’s Run, l’incomplet The Last of the Greats, quelques épisodes de Vampirella ainsi que des participations à l’univers Ultimate) ? En disant que ça va lancer des concepts complètement bizarroïdes qui rappellent autant Matrix (le côté "réveille-toi") que Spawn (oui, il y a une espèce de baston anges / démons, quoique pas tout à fait) et qui se raccordent les uns aux autres dans une course poursuite. Le premier arc, qui est composé des numéros 1 à 5, va donc mettre en scène plus ou moins une course poursuite où Jude et Ernest Hemingway (oui, oui, l’écrivain) vont être pourchassés aux quatre coins de l’univers. De quoi voir un peu mieux comment est composé le monde de The Life After où tout est possible et où les frontières entre les différentes régions sont minces comme du papier à cigarettes, sans aucune transition.
Fialkov joue la carte du duo sympathique avec option initié / novice surpuissant qui s’ignore et ça fonctionne plutôt très bien, permettant quelques moments drôles et / ou bourrins. Les autres personnages ne sont pas en reste et le deuxième arc (pas encore fini) propose d’autres personnages extravagants. Le fait qu’aucun personnage ne soit tout blanc ou tout noir est un réel avantage.

Aux dessins, on retrouve un certain Gabo qui est le pseudo de Gabriel Bautista, dessinateur qui a déjà signé une courte histoire sur le numéro hors-série Hoax Hunters : Case Files, quelques numéros d’Elephantmen et qui a aussi colorisé des numéros d’All Star Western. Je ne dirais pas que le trait du dessinateur est joli ou séduisant. En tout cas, ça n’est pas l’effet qu’il a produit pour moi. Ceci étant, la mise en scène et les dessins sont parfaits pour véhiculer l’émotion des personnages et l’action en cours avec de belles scènes bien dynamiques. Les décors sont présents et permettent de comprendre où l’on se trouve et quand (et autant dire que parfois, c’est aussi perturbant pour nous que pour Jude). Je rapprocherais bien le travail de Bautista et celui de Nick Pitarra, l’ariste de Manhattan Projects qui signe les couvertures des numéros composant le premier arc, mais ils sont réellement dissociables, Pitarra ayant un encrage plus fin.

C’est peut-être le truc qui pourrait le mieux résumer mon avis sur The Life After. J’en ai tiré autant de plaisir que de lire The Manhattan Projects dans le sens où j’ai trouvé que les deux titres partaient dans des concepts bien barrés et réussissaient pourtant à tenir le lecteur en haleine et à lui donner envie d’en savoir plus. Autant dire que je vais rester à bord pendant un petit moment.


Mise à jour suite à la lecture des dix numéros de cette mini-série qui n’est pas terminée pour autant ...
Avec le numéro 10, les auteurs terminent un deuxième arc qui mènera vers une série spin-off, Exodus. Et autant dire qu’il va y avoir du rebondissement, beaucoup de personnages qui cherchent à améliorer leur propre destin alors que leur fonction les encouragerait plutôt à s’occuper un peu plus des autres que ce soit en bien ou en mal. Fialkov permet de relativiser pas mal de choses et aborde des sujets sensibles qui ne plairont pas aux plus fanatiques des lecteurs. Pour les autres, ce sera l’occasion d’un très joli voyage. De mon côté, je suis accroc.