Onirique Comics 7.1

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Tuki #1-3

jeudi 21 mai 2015, par Mathieu Doublet

(Cartoon Books / Jeff Smith)

Nous sommes 2 millions d’années avant notre époque. Tuki est un homme préhistorique, un Homo Erectus, qui se tient debout, qui fait des outils, qui chasse, etc ...
Et Tuki est un homme particulier en son genre puisqu’il décide de mener sa barque tout seul et de se déplacer loin, très loin du territoire qui lui est connu. Pour Tuki, le plus important, c’est de trouver à manger et ça, ça n’est pas toujours facile quand on n’est pas le seul prédateur et qu’il y a plein de bêtes féroces plus grandes que vous avec des cornes ou des crocs pour vous manger en premier.

Jeff Smith, après l’aventure épique de Bone et le récit de SF RASL, prend un tout nouveau sujet et un genre tout autant différent. Puisqu’il s’agira de raconter une histoire plus ou moins vraisemblable par rapport aux recherches que Smith fait par rapport à la préhistoire. Et pour le coup, Smith ne cherche pas à un réalisme à tout crin en changeant son comic-book en documentaire mais réalise un récit avec tout ce qu’il faut d’aventures et d’humour. Tout n’est qu’hypothèses et Smith donne une version qui nous parle avec un héros débonnaire, moralement bon et qui va rencontrer des personnages étranges et des créatures dangereuses.

Le style de Smith ne change pas vraiment et on retrouve dans Tuki les expressions de visage qu’on a déjà vu dans ses autres récits. Et autant dire que c’est du coup, du très bon dessin, détaillé, expressif, énergique, avec un découpage aux petits oignons (non, elle ne fait pas pleurer). Le format à l’italienne ne gâche rien et permet une présentation un peu originale qui
laisse aussi plus de place aux différents cliffhangers. Est-ce moi qui y met plus qu’il y en a réellement ? Cette disposition à l’italienne, pensée pour la prépublication sur Internet (les trois premiers numéros de Tuki sont lisibles sur Boneville, a peut-être aussi à voir avec l’amour de Smith pour certains strips
et les pages ont souvent quelques gags qui ne concluent pas toujours une scène. A noter aussi la formation de Smith dans les écoles d’animation avec un personnage qui fait penser au diable de Tasmanie (même le personnage de la bande dessinée est aussi de l’ordre des singes).

Au final, Tuki est une lecture très agréable, très drôle, encore une jolie réussite de la part de Jeff Smith dont le découpage en numéros mensuels est plus appréciable que dans RASL par exemple.