Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > Black Science #1-6

Black Science #1-6

vendredi 15 mai 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Rick Remender / Matteo Scalera)

Grant McKay est un scientifique qui a enfin atteint la révolution pour laquelle il a tant travaillé : il a crée un pilier qui lui permet de
traverser les dimensions parallèles d’un univers représenté comme un oignon. Bon, ça n’a pas été franchement une réussite pour tout le
monde car même s’il souhaite partager le coup d’essai de la machine avec ses enfants, autant dire qu’il n’a jamais été particulièrement présent
pour sa famille et surtout pour sa femme. Ce n’est donc pas vraiment un mystère si il a une maîtresse et qu’il s’agit de Rebecca, celle qui l’a
suivi les progrès faits au labo. Pour le coup d’essai, Grant n’a pas laissé grand chose au hasard, mis à part Rebecca et ses enfants, il a aussi
demandé à un ancien militaire de les accompagner, on ne sait jamais, au cas où ils atterriraient dans un univers hostile. Et bien entendu, ça ne loupe
pas. Ce qui est inattendu, c’est que son chef et sa secrétaire soit de la partie et que la machine a été sabotée. Impossible donc de revenir à la maison
avec des sauts non maîtrisés et un temps avant le prochain saut complètement aléatoire.

Si vous avez lu l’article de Comic Box consacré à Black Science, vous avez quasiment lu le premier arc de la série. Autant dire donc que cet arc est
un arc de présentation qui pose les différentes règles de la série. En gros, on va avoir droit à une série à la Walking Dead où les personnages vont devoir
vivre ensemble alors qu’ils ne peuvent pas se supporter (à tort ou à raison) et vont devoir survivre en milieu hostile (il y a beaucoup de morts dès le premier
arc). Remender prend donc les principes d’une série comme Sliders (ou Perdus dans l’espace - même si le mode de transport est différent) et traite les relations
entre personnages de façon beaucoup plus violente. Remender rend des personnages vraiment très bien traités avec des caractères et des buts différents, et auxquels
il est très facile de s’identifier, le thème évoqué de façon appuyée dans ce premier arc étant la famille. Chacun a logiquement sa part de secrets et fort heureusement
beaucoup de révélations auront déjà lieu ce qui permet aux personnages d’en savoir autant que les lecteurs et de rendre leurs comportements plus logiques.
La différence avec les séries télévisées précitées est qu’on ne change pas d’univers à tous les numéros. En 6 numéros, on a droit à 4 univers, ce qui est déjà une bonne
moyenne. Bizarrement, j’ai trouvé que Remender se débarrassait un peu facilement d’un gros souci de personnages (et je ne parle pas des morts dont, à mon humble avis, certaines
ne seront que temporaires) ou plutôt qu’un personnage secondaire ne réagissait pas à ce qui devrait être une véritable révolution pour lui mais ça n’est qu’un détail.

Matteo Scalera est un dessinateur que je ne connaissais que peu (son travail sur Dead Body Road m’avait beaucoup plu mais je ne m’en rappelais pas beaucoup). Son boulot
sur Black Science est assez impressionnant puisque c’est à lui que revient la charge de travail concernant les univers visités. Et comme on a droit au moins à deux races humanoïdes
qui ont des habitats différents, cela implique tout un travail sur les décors, les outils et bien entendu les personnages eux-mêmes. Et pour l’instant, le résultat est exceptionnel puisqu’on
sépare très facilement tous les mondes visités. La mise en scène est très efficace et les personnages réagissent de façon très réaliste à ce qui leur arrive. Mention spéciale aussi à Dean White
qui fournit un boulot de colorisation assez spectaculaire.

Black Science est donc une bonne série bien faite mais qui ne m’emballe pas autant que certains autres chroniqueurs sur la toile ou le papier. J’attends de voir comment tout va être développé et
si Remender va pouvoir surprendre les lecteurs un peu plus que sur ce premier arc, sachant que Kirkman est déjà passé par là.