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Descender #1-6 : Tin Stars

mercredi 24 février 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jeff Lemire / Dustin N’Guyen)


Si Niyrata est la planète qui regroupe la représentation des neuf planètes du Conseil Galactique Uni, c’est aussi la planète qui va recevoir la visite d’un robot géant, celui qu’on appellera le Récolteur. Et c’est celle qui souffrira le plus de l’attaque de ces robots géants qui se présentèrent il y a dix ans devant chacune des planètes du Conseil.
Forcément, comme un robot, c’est tout d’abord une invention et une invention qui peut évoluer, tous les robots vivant avec les humains furent la cible d’attaques répétées à tel point que le représentant des Intelligences Artificielles a pu parler de génocide. De 5 milliards d’habitants (comprendre "robots inclus") Niyrata est tombée à 1 million.

Pour le docteur Quon, qui est le spécialiste de la robotique, cette attaque a été une défaite personnelle, même si, avouons-le, il n’aurait rien pu faire, le Récolteur ayant attaqué très rapidement. Le souci pour Quon, c’est que le robot était beaucoup trop sophistiqué pour comprendre d’où il venait ou bien ce qu’il allait faire ensuite. Et Quon, déchu de son poste et de ses responsabilités, sombra dans la dépression. Dix ans plus tard, les services du Conseil le contactent à nouveau. En effet, il semble que le Récolteur ait des points communs avec un androïde de la série Tim, des androïdes enfants dont Quon est à l’origine. Le scientifique est pris à part pour rencontrer le dernier modèle en activité qui vient de se réveiller d’un profond sommeil. Peut-être est-ce là un moyen de comprendre le Récolteur si rien ne lui arrive avant.

OK, voilà le premier numéro résumé dans sa totalité à quelques détails près. Et franchement, pour un premier numéro, il y a tout ce qu’il faut pour donner envie de lire la suite. Jeff Lemire nous propose un monde futuriste cohérent avec toutes les informations nécessaires pour comprendre ce qui se passe et le reste en annexe. Connaissant les œuvres de l’auteur, on aura fort à parier que le thème père-fils ne manquera pas de resurgir entre le dernier Tim et le docteur Quon. Forcément, tout cela nous renvoie à Astro Boy, le manga d’Osamu Tezuka, récemment remis au goût du jour par Naoki Urasawa dans sa série Pluto.

Et Dustin N’Guyen soigne des planches absolument sublimes. On se souviendra que l’artiste avait déjà porté son attention sur l’aquarelle lors de son portage de l’univers Gothamites en version SD (Lil’ Gotham). Pour Descender, c’est dans la continuité. Alors forcément, vu qu’on est sur du comic-book complet (là où Lil’ Gotham était composé de strips de longueur différente et publié occasionnellement en attendant une compilation qui a eu lieu par la suite), N’Guyen ne peut pas remplir ses pages d’aquarelles, même sur un rythme bimestriel. Du coup, les aquarelles sont comme des taches de couleurs dans un univers essentiellement bleu gris / blanc où les personnages secondaires sont croqués au crayon bleu. L’effet recentre l’attention sur les personnages essentiels et demeurent tout de même très esthétiques. Certainement une façon pour celui qu’on a découvert sur Wildcats 3.0 de pouvoir suivre le rythme de parution.

Pour résumer, voilà un premier numéro qui fait envie. Et quand on sait que Lemire est à bord au scénario, il y a fort à parier qu’on aura droit à un joli lot de rebondissements. Si les comics se lisent rapidement, ce sera l’occasion de pouvoir admirer le superbe travail graphique. Une série à suivre donc et dont je ne doute pas de l’adaptation en VF dès que le matériel sera suffisant.


Mise à jour suite à la lecture du premier arc :

C’est une réussite même si la lecture des six numéros est très rapide. On a bien le lot de surprises, quelques scènes d’action (même si celle qui m’intéressait le plus a été zappée, mais on peut encore y avoir droit en flash-back dans la suite de la série) et des personnages intéressants. Le récit est un peu trop orienté course-poursuite, différentes équipes cherchant à chiper le "ballon" Tim-21 et chaque faction aura ses objectifs propres. A ce titre, Lemire gère vraiment bien cette différence de peuples et on est loin d’avoir fait le tour des différentes planètes de l’univers.

N’Guyen continue son boulot si atypique et gère très bien cette technique qui reste d’une lisibilité exemplaire. Parfois, on peut être surpris par un personnage en second plan et l’impressionnisme dont fait preuve l’artiste donne parfois des imprécisions d’anatomie mais au final, on en prend plein les yeux.

Bien entendu, l’arc se conclura sur un joli cliffhanger qui donne envie de lire la suite.

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