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The Squidder #1-4

samedi 11 avril 2015, par Mathieu Doublet

(44Flood - IDW / Ben Templesmith)


Ca y est, l’invasion a commencé, une grande flopée de créatures avec plein de tentacules envahit la Terre, bien décidée à exploiter les
richesses de la planète et à supprimer ses habitants. Bien entendu, les humains vont devoir se battre et créent une sorte de super-soldat,
des enfants vieillis artificiellement à qui on a aussi donné pas mal de nanites pour l’auto-guérison. Mais les choses ne se passent pas très
bien et voilà que la race humaine est sur le point d’être rasée. Or, il reste encore au moins un soldat, un Squidder, de tous ces combats. Un
soldat qui lors d’un affrontement a vu son ADN changé par ses adversaires de façon fortuite. Ce Squidder est contacté par une bande de voyous dont
le patron veut l’embaucher pour qu’il kidnappe une prêtresse Squid, plus tout à fait humaine. Pensant qu’il trouvera l’occasion de mourir lors de cette
opération (le Squidder ne peut pas se suicider à cause d’un implant placé par ses créateurs), il accepte. Sauf que la prêtresse en question trouvera
quelques arguments pour ne pas passer à la casserole.

The Squidder, avant qu’il ne soit publié par IDW, c’est tout à d’abord un projet Kickstarter
avec un certain succès. Des jolis bouquins en hardcover, voire même en taille agrandie, qui seront ensuite publiés sous forme de mensuels. On y retrouve bien
entendu la patte graphique d’un Ben Templesmith qui y va à fond dans ses envies et ses obsessions de monstres tentaculaires. Du Cthulhu petit ou grand, il y en
aura et ces derniers massacreront autant d’humains qu’ils perdront de membres mais étant d’une nature auto-reproductrice et fonctionnant en ruches, ils auront
moins de soucis. Par rapport à ce que Templesmith a fait d’habitude (je ne prétends toutefois pas avoir lu toute la production du dessinateur), il y a une dimension
spectaculaire et héroïque dans The Squidder. A de nombreuses reprises, on aura droit à des splash pages mettant le personnage principal dans toute sa puissance. Et
avec ce mélange de Space Marine (cf le monde de Warhammer 40K) et de Kratos (cf le jeu vidéo God of War), autant dire qu’on a de la matière à gros bourrinage.
C’est peut-être là qu’on peut voir les limites du style de Templesmith car les planches de combat avec les Squid ne sont pas ce qu’il y a de plus lisible le dessin étant
mélangé dans cette colorisation qui sert de marque de fabrique à l’auteur. Peut-être que cela est moins le cas dans la version au format comic-book où on peut avoir une
vision plus globale du dessin.

Au niveau de l’histoire, j’y ai trouvé mon compte même si je n’ai pas cherché à y chercher une certaine perfection. Il faudra la relire à l’occasion mais le fait que l’échelle
temporelle ne soit jamais donnée et donc qu’il y ait un bon nombre d’ellipses (normal sur 4 numéros) rend le destin du Squidder sujet à discussion par rapport à une logique de récit.
Ceci étant, le Squidder est un joli bad-ass, sa relation avec la prêtresse fonctionne très bien et les différents personnages secondaires portent la marque distinctive de l’auteur.

Pour moi, The Squidder est donc une bonne lecture, honnête et réalisée avec passion, même si tout n’est pas parfait (il y a par exemple beaucoup moins d’humour que dans les histoires précédemment
illustrées par Templesmith). J’ai l’impression que cela marque aussi pour l’auteur une certaine forme d’indépendance créative puisque IDW ne publiera la mini-série que bien après la complétude
du projet. De son côté, Templesmith remet le couvert avec Dagon, l’adaptation d’une nouvelle de Lovecraft et
le projet a déjà réussi à remplir son pari haut la main.