Onirique Comics 7.1

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Genesis

mardi 24 mars 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Nathan Edmondson / Alison Sampson)


Adam est un homme qui a vécu très longtemps en pensant qu’il pouvait changer quelque chose dans le monde. Et toute sa vie, c’est ce qu’il a essayé de faire. Aussi bien en construisant du dur qu’en communiquant avec ses pairs, il a essayé de faire une différence dans le monde. Et puis, visiblement, ça n’était pas suffisant et comme quelqu’un a qui on aurait menti sur le sens de la vie, il décide de sauter de très très haut afin de mettre fin à ses jours. Sauf que le suicide ne fonctionne pas et qu’il se retrouve à l’hôpital en étant quasi-indemne. Après avoir été embrassé par un étrange homme chauve, Adam comprend accidentellement qu’il est capable de faire des miracles, de changer le monde par la pensée. Multiplication des pains, réparation des immeubles, guérison des maladies, il peut le faire, son souhait étant finalement exaucé. Malheureusement pour Adam, son subconscient est encore trop fort et il métamorphose sa femme physiquement. Forcément, elle le prend mal et comme Adam n’est pas capable de gérer son pouvoir, voilà que les choses prennent une tournure bien plus amère.

Nathan Edmondson (The Activity, Who is Jake Ellis, bien d’autres titres chez Image mais aussi récemment The Punisher et Black Widow chez Marvel) va donc jouer avec les codes bibliques (du titre jusqu’à la profession de son héros - un prêtre) tout en faisant en sorte de ne surtout pas parler de religion. Le récit est forcément très ambigu dans son contenu et contient au moment de la remise en question d’Adam, une majorité de pages très abstraites. Je vous avoue ne pas avoir bien compris quel était le rôle de chaque personnages, ou plutôt ces rôles ne sont toujours pas complètement clairs pour moi. Quant à la conclusion, elle est du même acabit et il faudra bien lire la toute dernière phrase afin de comprendre le message du bouquin alors que la grande question est "Qu’est-ce que veut dire changer le monde ?".

Et forcément, graphiquement, c’est à l’unisson. Alison Simpson va composer des planches qui vont de plus en plus se balader et ne plus donner beaucoup de sens. La lisibilité va être laissée aux bons soins du lecteur avec le besoin parfois de se replonger dans les cases pour voir de quoi il retourne. Je n’aime pas vraiment ça, quand je suis obligé de m’arrêter ou de revenir en arrière sur une planche pour comprendre ce qui se passe. Le trait est très rude, parfois très précis mais aussi manquant de détails à certains moments, laissant des formes ouvertes à plusieurs interprétations. Comme la colorisation ne rattrape pas ces moments de flous artistiques, il y aura des passages compliqués.

Bref, si vous aimez le Vertigo des années 90, où le lecteur est laissé face à des jolies planches mais n’aidant pas forcément la compréhension d’une histoire déjà très ouverte en terme d’interprétation, alors Genesis est fait pour vous.


Une bonne interview sur Bleeding Cool :http://www.bleedingcool.com/2014/04...

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