Onirique Comics 7.1

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Batman : Through the Looking Glass

mercredi 11 février 2015, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Bruce Jones / Sam Kieth)

Batman a mal à la tête, ce qui pourrait parfaitement se comprendre, vue la vie mouvementée qu’il mène mais la source de ses problèmes n’est pas là. En effet, Bruce Wayne a été invité comme membre éminent de Gotham à une petite sauterie organisée par le juge Rosalyn Hart. En fait de petite sauterie, il s’agissait plus d’un bon repas bien copieux dans lequel il y avait, devinez quoi, des champignons. Et des champignons du style hallucinogène, dont l’effet ne manque pas de démarrer au moment au le milliardaire porte la cape de son alter-ego. Et c’est au moment où il apprend par le Gotham Gazette que Dunphrey Tweedle est retrouvé mort dans sa baignoire qu’un lapin blanc avec une montre à gousset passe sur son bureau. Lapin qui court et se jette dans un accès aux égouts de la Batcave. Des champignons, un lapin blanc, Humpty Dumpty, et pour finir, la jeune et blonde Célia, compagnonne d’enfance de Bruce, morte beaucoup trop tôt. Batman va donc accompagner cette Alice à l’envers à la poursuite du lapin blanc ce qui lui permettra de découvrir le nouveau mystère qui se déroule à Gotham.

Ce qui est bon :
- c’est que l’air de rien, c’est un récit étrange de Batman, qui devrait verser dans la noirceur mais qui est toujours rattrapé par le cadre Carollien des aventures d’Alice.
- on retrouve des personnages qu’on n’avait pas vu depuis longtemps (pour peu qu’on lise ce bouquin après le New52 bien sûr), comme le Chapellier Fou dans le rôle très particulier de protecteur d’une gogo-danseuse.
- Jones n’en fait pas trop dans les comparaisons à Alice. Les allusions sont régulières mais n’agissent pas comme un catalogue complet de personnages et de situation. En tout cas, je ne l’ai pas ressenti comme cela à la lecture. Et le thème de la jeunesse, central, fait plaisir à retrouver.
- et c’est le retour d’un Sam Kieth qui fait bien plaisir. Des quatre projets Batmaniens pour DC, il fait partie des bonnes surprises comme Arkham Asylum:Madness ou son arc sur Batman Confidential - où Batman délirait déjà - et nettement meilleur que son Batman/Lobo. Le cadre onirique se prête très bien aux hallucinations de Batman et à la plume de Kieth qui va en faire des tonnes dans le délire et dans la version déformée des personnages du Batman Universe, du Chapelier Fou qui ressemble à un gremlin à Robin (version Dick Grayson qui se révèle une baraque de muscles à peu près du même modèle que son mentor).

Là où ça peut coincer :
- c’est clairement dans le concept de base où Bruce Wayne se ferait avoir sur le coup des champignons hallucinogènes. Si on s’en tient à la version parfaite de Batman qu’on a rencontré de plus en plus, on sait bien que Batman ne pourrait se faire avoir et que sa vivacité d’esprit est en marche également quand il tombe le masque. De même, un accès qui lie les égouts à la Batcave est complètement aberrant.
- l’illustration de couverture qui est utilisée pour le bouquin en dessous de la jaquette de protection. Elle est juste horrible et ne rend pas, à mon humble avis, le côté humoristique qui existe aussi dans cette série.

Il faut donc ce Through the Looking Glass comme un bel exemple d’histoire complètement foutraque auquel l’univers de Batman correspond tout à fait, une espèce d’Elseworld très light où les règles ne sont pas régies par un concept unique mais où le scénariste fait comme bon lui semble sans se soucier de la continuité. Et ça fait du bien. Je pense que si Batman Confidential avait continué, ces numéros en auraient certainement fait partie à un moment où à un autre. De la bonne lecture sans prise de tête en quelque somme avec le côté délirant de Sam Kieth.