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Polarity #1-4

dimanche 15 février 2015, par Mathieu Doublet

(Boom ! Studios / Max Bernis / Jorge Coelho)

Lu en numérique

Tim Woods est un jeune homme qui souffre de bipolarité, une maladie mentale qui le fait de croire à certains moments qu’il est un super-héros capable de sauver sa ville uniquement à poil. C’est aussi un artiste qui avait un certain succès tant qu’il ne prenait pas les médicaments proposés par son médecin, le docteur Mays. Sauf que les médocs ont le mauvais côté de le rendre complètement fade aussi bien artistiquement que socialement. Et quand sa copine, uniquement là pour sucer le peu de notoriété qu’il a, lui dit qu’il craint de plus en plus et que la fille de ses rêves lui fait comprendre qu’il faut être soi-même, Tim décide d’arrêter son traitement. Si dans un premier temps, les choses prennent une tournure assez agréable, les délires reviennent. Et quand celui dont il croit entendre la voix, qui le surveille, se révèle être une véritable personne, les choses prennent une tournure plus étrange. Est-ce la maladie qui parle ou Woods est-il réellement surveillé et si oui, pourquoi ?

Ce que j’ai apprécié :
- le monde dans lequel vit Tim Woods est dépeint de manière assez cruelle par Max Bernis, chanteur du groupe Say Anything et bipolaire lui-même apparemment. Ca va tacler sévère du hippie et du hipster avec quelques références musicales assez faciles. En tout cas, le personnage central de Tim Woods est assez attachant même si il faut parfois des trucs violents ou des choses stupides.
- le côté super-héros associé à la maladie mentale. Une approche déjà abordée par Cowboy Ninja Viking mais qui prend une tournure plus sérieuse, moins n’importenawakesque, dans Polarity. Là encore, il y a quelques références faciles qui peuvent faire plaisir.
- le dessin de Jorge Coelho (ah ben tiens, on l’a vu dans Forgetless) qui tient beaucoup de la caricature et qui a un style particulier, indé, pile poil dans le créneau que fréquente le héros de cette histoire. Ceci étant, le tout est très lisible et les personnages sympathiques.

Ce qui peut gêner :
- Woods est bipolaire et le gros des quatre numéros est de savoir comment il va accepter sa maladie. Si quelques redites sont parfois présentes, les moments de voix off m’ont paru sonner assez juste. Par contre, il y en a beaucoup, énormément, et ça n’évite pas le côté pleurnichard émo. Du coup, ça peut en refroidir quelques uns.
- La fin est bien entendu ouverte et laisse pas mal de chantiers en cours. Un défaut inhérent à une mini-série qui ne dure que quatre numéros. Donc oui, l’histoire du héros ne devrait pas s’arrêter là mais vu le format, rien d’étonnant.

Polarity est donc une mini-série sympathique, agréable à lire, qui ne révolutionnera pas le genre mais qui pourra vous faire passer un bon moment, surtout si vous la trouvez dans les occases ou les promos numériques.

P.S. Chaque numéro était proposé avec un code permettant d’écouter des chansons de Max Bernis. Je vous avoue n’avoir pas essayé les codes et leur validité, presque 2 ans après la parution de ce comic-book.