Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Image Comics > Rocket Girl #1-5

Rocket Girl #1-5

jeudi 1er janvier 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Brandon Montclare / Amy Reeder)


Dayoung Johansson est une recrue de la NYTPD, la police adolescente de New York. Effectivement, en 2013, la ville de New York pense que la police a besoin de jeunes agents car les adolescents seraient moins corruptibles que les adultes. Une fois, la vingtaine dépassée, ces agents des forces de l’ordre obtiennent le plus souvent un contrat chez Quintum Mechanics, le consortium qui a sorti la ville de la pauvreté et de la criminalité. Or Dayoung pense que les dirigeants de Quinitum Mechanics sont coupables de crimes à propos de l’espace et du temps. Elle en est même sûre et certaine grâce à un indic bien placé dans la compagnie et quand elle en a la preuve, elle décide de retourner en 1986 afin de tuer la compagnie dans l’oeuf. La voilà donc dans les années 80, explosant le moteur Q, ce par quoi tout à commencé. Mais voilà un univers nouveau qu’elle va devoir découvrir et faire en sorte que son projet se réalise, même si cela veut dire qu’elle ne retournera jamais chez elle.

Rocket Girl est un titre qui a démarré par un projet Kickstarter ce qui a ensuite permis une parution en creator-owned chez Image Comics. Il faut dire que le couple Brandon Montclare et Amy Reeder (qui a fait une très belle impression sur Madame Xanadu chez Vertigo) avait déjà réussi un autre projet appelé Halloween Eve (pas lu).
Concernant Rocket Girl, je vous dirais bien que la lecture n’a pas été désagréable d’une part grâce au travail de Reeder qui est tout de même très agréable à l’oeil mélangeant des influences américaines et nippones (sans que ce soit trop marqué), d’autre part, parce qu’il y a une bonne humeur tout au long du bouquin avec des scènes qui rappellent l’époque où les super-héros étaient cools. Cependant ...

Cependant j’en avais lu pas grand chose de bon. Et après avoir fini de lire la mini-série, je suis allé lire l’avis de l’ami Slater74 sur Cases critiques. Et si je suis moins remonté que lui sur l’ensemble de la production, j’ai ressenti pas mal d’incohérences et je suis d’accord avec beaucoup de points. Le souci donc, c’est le scénario de Brandon Montclare. A force de vouloir faire un récit fun, on ne comprend absolument pas pourquoi Dayoung veut changer le futur. Après tout, on voit un monde parfait, idyllique, avec des principes plutôt progressistes. S’il y a crime et si la mise en scène nous présente les dirigeants de Quintum Mechanics dans l’ombre, le lecteur ne peut pas comprendre en quoi ces crimes sont "injustes" (c’est d’ailleurs une question qui se pose dans le livre).
Ensuite, il y a pas mal d’incohérences comme le fait que Rocket Girl souhaite éviter les dommages collatéraux mais n’hésite pas à ce qu’une rame de métro entière (et donc probablement plein de civils) explose. Là encore, au nom du fun et de la bonne humeur, l’héroïne ne semble pas se rendre compte de ce qui se passe. Les vilains non plus ne seront pas de gros finauds puisqu’ils envoient des agents se débarrasser de l’héroïne alors qu’elle est pile poil au bon endroit. A moins qu’il y ait un plan caché auquel on n’aura pas accès dans ces cinq numéros.

Et malheureusement, le dessin ne rattrape pas tout. Certes Amy Reeder est une dessinatrice douée au style très élégant qui peut passer en mode comique avec bonheur. Mais parfois les double pages qui mettent l’accent sur l’action sont mal découpées (quoique le sens de lecture n’est pas aussi terrible que je l’ai déjà vécu) et surtout composées de petites cases souvent dans des tons très sombres ce qui ne facilite pas la lecture.

Si Rocket Girl réussit à avoir une suite (obligatoire car ces numéros seuls ne forment pas une histoire complète), je ne le précommanderai pas. Il me reste encore un peu de curiosité pour pour prendre les numéros en promotion numérique. Donc a priori, vous pouvez passez votre chemin à moins d’être un fan d’Amy Reeder.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0