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America’s Got Powers #1-7

samedi 27 décembre 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jonathan Ross / Bryan Hitch)


A San Francisco, ville ouverte d’esprit par excellence, un cristal surgit de nulle part et fait naître tous les bébés dans les ventres de leurs mères. Chaque bébé, peu importe son avancement in utero, naît en bonne santé et en parfaite croissante. Une perfection poussée jusqu’au fait qu’ils possèdent tous des super-pouvoirs. Forcément, cela a généré des événements pas vraiment voulus par les autorités qui décident de juguler le phénomène d’une bien curieuse façon. En effet, tous les adolescents à pouvoirs sont rassemblés dans des camps et placés dans des jeux du cirque. Ils ont des conditions de vie peu enviables et leur seule manière de pouvoir gagner quelque confort est d’en mettre plein la tronche sur le voisin. Une belle mentalité, retransmise à la télévision, dans une émission s’appelant "America’s Got Powers". Et si les ados ont des volontés pacifistes ou bien aucun pouvoir comme c’est le cas de Tommy, on les place dans le personnel de manutention ou bien de ventes de merchandising. Mais quand les choses tournent mal, que les règles changent pour éliminer le plus de super-ados, qu’un jeune garçon normal est en danger, Tommy révèle qu’il a bien des pouvoirs malgré un niveau jugé à 0%. Une énigme qui ne ravit pas toute l’équipe militaire et politique derrière l’émission et le contrôle des pouvoirs. D’autant qu’eux aussi ont un agenda caché bien pourri dont ils n’ont pas envie qu’on entende parler. Alors autant que les choses rentrent rapidement dans l’ordre et le moins de vagues sera le mieux.

Ce que j’ai aimé :
- ça se lit bien et vite avec beaucoup d’action, ce qui est normal puisque Bryan Hitch et son encreur habituel, Paul Mounts, sont à bord. Ca défouraille, ça bastonne, ça explose.
- Jonathan Ross, présentateur TV anglais et scénariste de la mini-série Turf, nous livre sa deuxième création et se pose la question du "Et si les opprimés gagnaient ?" en développant son intrigue. Une bonne idée qui fonctionne et qui ne part pas sur une deuxième mini-série ce qui aurait été probablement une autre façon d’éditer l’histoire. Il y a suffisamment de personnages à la fois caricaturaux mais aussi attachants qui font que l’on ne s’ennuie pas.
- L’explication finale ainsi que l’épilogue m’ont beaucoup plu. Ils rappellent pas mal de choses venant d’autres comics mais en gardant une petite touche personnelle et raccord avec le concept de la mini-série.

Ce que j’ai moins aimé :
- Ross expédie un peu rapidement le fait qu’on a droit à des super-balèzes qui se laissent faire. Même si une équipe d’ados se révolte, s’enfuie et qu’on comprend comment ils arrivent à subsister (une scène bien maline dans le bouquin nous l’explique), cela n’explique pas comment les humains normaux ont réussi à développer un cadre suffisamment serré pour maîtriser toute cette puissance. Une possibilité serait un matraquage dès la plus jeune enfance, lobotomisant presque les surhumains, ou la menace des proches mais au final, les adolescents ne possèdent pas de tête brûlée, de révolutionnaire, alors que s’il y a bien un âge où on est en opposition avec le monde, c’est bien l’adolescence.
- De même, les personnages des politiciens plus ou moins véreux sont en contradiction avec eux-mêmes. Certes, rien de bien original ou même de bien irréaliste, mais au final, ils n’arrivent pas à réaliser que leur plan, qu’il échoue ou réussisse, se conclura par une guerre nucléaire.

Donc si vous n’êtes pas trop concerné par un semblant de réalisme dans un récit comme celui-ci, vous prendrez votre pied car il y a suffisamment de bonnes idées pour contre-carrer les possibilités qu’apportent les personnages. Du comics grand spectacle donc, pas encore tout à fait maîtrisé mais avec quelques bonnes idées.

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