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Black Widow (2005) : The Things They Say About Her #1-6

jeudi 30 octobre 2014, par Mathieu Doublet

(Marvel / Richard K. Morgan / Sean Phillips & Bill Sienkiewicz)


Nick Fury a des soucis, il est convoqué dans le bureau ovale de la Maison Blanche, histoire de se faire remonter les bretelles. En effet, Black Widow a trouvé le moyen de bien démonter l’entreprise pharmaceutique Gynacon jusqu’à tuer le patron de la boîte qui se trouvait être un important soutien de campagne du président en place. Fury a beau se défendre en déclarant que Natalya Romanova ne fait plus partie du S.H.I.E.L.D. depuis longtemps, cela ne convainc pas beaucoup les hommes politiques. Toujours est-il que la chasse à la veuve est lancée et que les divers agents pourris de la CIA ou de la NSA vont pouvoir se faire plaisir. Pendant ce temps, Natasha arrive sur les côtes cubaines et obtient heureusement le soutien de Yelena Belova, une autre femme a être passée entre les mailles du programme Black Widow et qui a décidé de faire fortune en jouant de ses charmes tout en n’oubliant pas d’être intelligente et humaine. Yelena va toutefois demander à Natasha un petit service, faire peur à ses fournisseurs de médocs qui ont arrêté de l’approvisionner. Et sur place, la Veuve Noire va voir réapparaître le symbole de Gynacon. L’occasion d’enquêter et de peut-être réussir à sauver quelqu’un qu’elle croyait morte.

Ce que j’ai aimé :
- c’est noir, c’est de l’espionnage, Natasha Romanova ne fait pas dans la dentelle et ça saigne. Étrangement, la série n’est pas rangée au rayon MAX alors qu’elle y aurait toute sa place. Le jeu politique est assez bien rendu avec des héros qui sont au courant de la façon dont ça fonctionne (Fury, Black Widow) et d’autres qui sont beaucoup trop naïfs et dépassés (un Matt Murdock qu’on a connu plus finaud que ça).
- le trait de Phillips que j’ai trouvé parfois très brouillon, comme du Sienkiewicz. Ah ben, ça tombe bien, il est sur la page de garde du bouquin. Parfois, je devrais être beaucoup plus attentif et lire les choses jusqu’au bout (y compris la couverture). Bref, c’est bien raccord avec le propos.

Ce qui m’a dérangé :
- Les graphismes sont parfois beaucoup trop sombres. Et avec le papier brillant, on n’y voit parfois pas grand chose.
- Le gros point noir, c’est que cette mini-série ne peut pas être considérée toute seule. Elle fait la suite à une autre appelée Homecoming qui correspond au premier acte où Natasha affronte Gynacon. Mais c’est aussi le lieu où elle rencontre Sally Anne et certainement là où la relation se fait entre la femme et la jeune fille. Parce qu’à voir Natasha comme ça, si froide, si au courant du métier, je me suis demandé pourquoi cette attachement à une enfant qui n’est finalement qu’un dommage collatéral. Cette relation, on la devine mais il faut se forcer pour comprendre où tout va aller.
- Et finalement, à lire la première et la dernière page du bouquin, il devait certainement y avoir un volume 3 pour tout conclure. Le bouquin date déjà de 2006 et il n’y a jamais eu de suite à ma connaissance.
- Il y a des ellipses assez fâcheuses. On ne sait pas vraiment comment Fury finit prisonnier alors qu’il a l’avantage quelques pages avant. Même chose pour Natasha dans le dernier quart du bouquin.
- Que vient faire Daredevil dans tout ça ? On peut éventuellement considérer l’argument amoureux qui se déroule avec Natasha et Nick Fury, mais ça, seul un fan des personnages peut le savoir.

Donc sauf à aimer le boulot de Sienkiewicz (tout de même pas au sommet de son art) ou de Phillips (dont dans un rendu bien plus crasseux que d’habitude), vous pouvez carrément vous passer de The Things They Say About Her. J’ai même dans l’idée que si lire Homecoming tout seul peut s’apprécier, la lecture de ce second tome qui en appelle un dernier ne peut être que frustrant.