Onirique Comics 7.1

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The Escapists

samedi 30 décembre 2006, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Brian K. Vaughan / Jason Shawn Alexander, Steve Rolston, Philip Bond et Eduardo Barreto)


Maxwell Roth vient tout juste de perdre son père, un père avec lequel il n’a pas de rapport privilégié. Et en ces temps de deuil, sa mère lui confie la clé de la cave, un endroit autrefois strictement interdit à Max par son père auquel il a maintenant accès.
Dans la cave se trouve la plus grosse collection de comics, jouets, objets collector concernant un "super-héros" (ou plutôt un aventurier de récit pulp comme se plait à le corriger Max) : The Escapist.

Si cette nouvelle collection va devenir une véritable passion, Max va tout de même avoir la chance de rencontrer certaines personnes qui l’aideront dans sa vie de tous les jours. Denny Jones sera son premier ami, un géant de muscle qui passe son temps à recopier des romans dans son cahier, amoureux qu’il est d’une belle écriture. Beaucoup plus tard, le jeune Roth, réparateur d’ascenseur, décoincera une jeune artiste nommée Case Weaver, une illustratrice cherchant un job à tout prix.

Si Maxwell a le malheur de perdre sa mère, il reçoit suffisamment d’argent pour réaliser un rêve / hommage à ses parents. Il décide de racheter les droits du personnage de The Escapist et d’en réaliser un nouveau comic-book. Il se charge du scénario, Case du dessin et Denny du lettrage. Tout doit donc se passer comme il faut. Une petite chose va échapper à Maxwell : le plan marketing. Ou comment une bonne idée se change en mauvaise pour un simple imprévu.

A vrai dire, une seconde chose va échapper à la logique de Roth mais je vous laisse l’apprécier dans le comic-book. Brian K. Vaughan signe une mini-série en 6 parties tout simplement excellente. Comme beaucoup de comics de nos jours, The Escapists montre bien l’amour que Vaughan porte pour la bande dessinée américaine de super-héros (encore que The Escapist n’ait pas à proprement parler de super-pouvoirs) : difficile de ne pas voir une partie du scénariste dans son trio de créateur, tout bonnement attachant. Vaughan va donc séparer sa mini-série en deux parties distinctes : la partie "réelle" où Maxwell, Case et Denny conçoivent leur comic-book et une partie à l’intérieur des planches de Case où l’on peut vivre les aventures de leur héros. Les deux parties du comic-book sont loin d’être totalement séparées et le comic-book de Case fait souvent écho aux expériences vécues par les trois protagonistes.
Vaughan réussit à dépeindre ses jeunes héros assez finement avec une bonne couche de non-dits. Cependant non-dit ne signifie pas que les personnages sont superficiels, loin de là. Il s’agira simplement au lecteur de comprendre pourquoi tel ou tel personnage agit de la façon qu’il a choisi.

Si le comic-book se sépare en deux, la partie graphique aussi. Philip Bond (couvertures de The Exterminators, dessinateur de Vinamarama) réalise le premier numéro et laisse les autres à Steve Rolston (Queen & Country). Mais quand la partie "action / pulp " arrive, c’est Jason Shawn Alexander qui prend la main dans un style nettement plus noir et chargé. L’alchimie entre les deux est très réussie et guide parfaitement le lecteur le long de sa lecture.

Au final, The Escapists est une formidable surprise grâce à la fluidité du scénar du Vaughan, la beauté des dessins mais aussi pour toute l’humanité qui se dégage du comic-book : tout se passe logiquement, la chute du dernier numéro est absolument formidable. Les créateurs de ce titre auront réussi à mélanger comic-book d’action et récit personnel. Direct entre les courants mainstream et indépendant. Une dernière qualité qui devrait finir de vous convaincre pour vous procurer The Escapists.

A noter que The Escapist a déjà fait l’objet de nombreux comic-books et que ce héros est la création de Kavalier & Clay, deux créateurs de comics, eux aussi personnages d’un roman écrit par Michael Chabon.


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