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Star Spangled War Stories featuring G.I. Zombie #1-8

lundi 25 mai 2015, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Scott Hampton)


Quand on est une jeune femme et qu’on boit un verre tranquille dans un bar perdu au beau milieu du Mississippi, c’est qu’il faut être très sûre de soi. Parce qu’un bar paumé comme le Eli’s Joint n’est là qu’à cause d’horribles personnages à la morale plus que douteuse et qui ne s’embêteront pas avec la galanterie ou bien la politesse. Heureusement pour Tiffany (Tiff pour les intimes), elle a tout ce qu’il faut là où il faut pour en montrer aux gugusses qui se croit malins. Et elle a suffisamment de passé sulfureux pour ne pas faire tache. Alors quand un agent fédéral se fait coincer par les bikers du coin, c’est l’occasion pour Tiff de prouver qu’elle est réellement qui elle prétend être. Et elle ne va pas y aller avec le dos de la cuillère puisque avant de placer quelques balles dans la tête de l’agent, elle va prendre soin de lui couper les deux mains à la machette. Classe ! Quand on sait qu’en réalité, c’est son co-équipier qu’elle vient de massacrer et qu’elle l’a fait en tout état de cause, voilà une paire d’agents très très spéciaux.

Ce que j’ai aimé :
- ça n’est pas une surprise : l’ambiance de l’histoire. Si Gray & Palmiotti font des récits adultes sur leurs projets Kickstarter ou en creator-owned, on ne peut pas dire qu’ils soient passés dans le complet "all-ages" avec G.I. Zombie. C’est bien craspec comme un récit de genre, sachant qu’on est plus pour l’instant dans une ambiance policière bien noire et poisseuse que dans le récit de guerre, contrairement à ce que pourrait faire penser la couverture et le titre. A cette ambiance, on retrouve un duo de personnages à l’alchimie très compliquée entre un mort-vivant et une ancienne militaire complètement casse-cou. Les dialogues sont à l’avenant et entre le zombie qui se moque de sa collègue en parlant de super-pouvoirs et elle qui se permet de titiller les hormones d’une bande de mecs bien violents, on voit qu’on a à faire à deux personnages "qui en ont". A tout cela, les auteurs ne manquent pas de passer à côté de la composante horrifique obligatoire dès que le mot zombie est présent.

Ce qui va être difficile à avaler :
- les planches de Scott Hampton. L’artiste qu’on a pu voir il y a quelques années sur Simon Dark remet des planches qui, si elles ne m’ont pas déplu et ne desservent pas le récit, seront difficiles à apprivoiser. Les personnages sont dessinés de façon très réaliste, comme un passage d’une photo à un dessin mais sans la couche de vernis qu’on pourrait trouver chez un Alex Ross ou un Gabriele Dell’Otto. Il en résulte un effet un peu sale et donnant l’impression de vitesse dans l’exécution. Les décors sont souvent absents ou réduits à leur plus simple appareil. C’est parfois très efficace et parfois nettement moins, versant dans le grossier ou le bâclé. La colorisation est elle aussi parfois difficile à accepter. Il est vrai que j’ai lu ce comic-book sur l’écran de mon ordinateur et que le rendu peut-être différent sur papier. J’ai eu l’impression de voir des aplats de couleur sans travail par dessus.

Au final, malgré la composante graphique qui demande un certain effort, j’ai beaucoup aimé les deux premiers épisodes de G.I. Zombie toujours pour cette patte si particulière se faisant plaisir en mixant les récits de genre sans oublier quelques piques humoristiques ou quelques moments de bravoure. Le premier numéro pose bien les personnages et le second projette le titre pile poil pendant l’événement DC à venir, Future’s End. Une belle logique qui ne devrait pas effrayer car il serait étonnant que G.I. Zombie se prenne les pieds dans une continuité partagée.


Mise à jour après la lecture des 8 numéros de la série : alors oui, la série a été annulée après 8 numéros + 1 consacré à Future’s End (le seul que je n’ai pas lu puisque pas précommandé). Et au final, c’est une bonne histoire à laquelle nous avons droit. Gray & Palmiotti accélèrent les choses avec le dernier numéro et quelques ellipses bien larges mais ils permettent de conclure l’histoire de manière satisfaisante.

Quant au travail de Scott Hampton, on s’y fait, clairement. Le travail à base de photographies est toujours aussi visible et les décors dans ce qu’ils ont de plus simples mais le travail est là et surtout rendu régulièrement chaque mois.

C’est vraiment dommage qu’une série comme celle-ci n’ait pas trouvé son public. Le titre laissait penser à un récit de guerre et finalement, il s’agit plus d’un thriller moderne avec des agents secrets. Ceci étant, il y a énormément d’action et là, pour le coup, il n’y a pas mensonge sur la marchandise. Si jamais vous croisez le TPB sur votre chemin, laissez lui une chance !