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She-Hulk #1-12

lundi 27 juillet 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel / Charles Soule / Javier Pulido & Ron Wimberly)

Je teste un nouveau format de chroniques, vous me direz ce que vous en pensez.

Le pitch :

Jennifer Walters est une avocate douée qui travaille pour le cabinet Paine et Luckberg. En tout cas, c’est ce qu’elle pense et c’est l’air tout à fait détendu qu’elle attend d’être convoquée pour parler
du travail effectué et d’une éventuelle amélioration de salaire. C’est donc avec étonnement qu’elle apprend que son statut n’évoluera pas. La raison : en réalité, ses patrons l’ont embauché car ils pensaient qu’elle apporterait avec elle son carnet d’adresses comprenant pas mal de super-héros à qui on colle pas mal de procès. La juriste encore plus verte que d’habitude décide de frapper un grand coup et brise la table de réunion dont ses patrons se vantaient quelques secondes auparavant. Elle prend donc ses cliques et ses claques et ne récupère qu’un étrange dossier bleu, seule affaire dont ses patrons ne veulent pas. Mais avec une telle sortie en fanfare, autant dire que She-Hulk s’est grillée auprès de tous les grands groupes d’avocats. Elle décide donc de prendre son destin en main et d’ouvrir sa propre entreprise. Heureusement qu’une ancienne mutante accepte d’héberger les surhumains qui veulent se lancer dans un business, quel qu’il soit. Et pour l’heure, c’est d’embauche qu’il s’agit car l’avocate aura forcément besoin d’une secrétaire.

Ce qui m’a plu :
- l’ambiance du scénario, très positive, fraîche, amusante mais pas forcément à se taper la cuisse. Charles Soule reprend She-Hulk avec une approche qui n’est pas sans rappeler celle de Dan Slott. Mais là où Slott tapait dans la continuité Marvel pour y trouver des idées de scénario, fusionnant les comics parus avec l’univers Marvel, Soule joue la carte de la "vraisemblance". On verra donc des résolutions logiques à des problèmes de super-héros mais sans faire intervenir les parutions papier. Le côté "4è mur" disparaît mais ça reste très amusant.
- le format des histoires qui pour l’instant sont assez courtes. Les deux premiers numéros se suffisent à eux-mêmes, les 3 et 4 forment un "two-part", les 5 et 6 aussi (avec un fil rouge dont on va peut-être encore entendre parler), le 7 se tient lui aussi tout seul comme un grand.

Ce qui m’a étonné :
- le choix des dessinateurs. Javier Pulido a bien évolué et son style est franchement différent de ce que j’avais pu lire jusqu’alors. Il va taper au rayon Bruce Timm, Darwin Cooke, J. Bone, ce qui donne un aspect cartoon rétro très agréable mais en donnant des yeux énormes à l’héroïne titre, c’est tout le comic-book qui prend une allure particulière. Ron Wimberly a un style encore différent et très particulier. Je le rapprocherais d’un Christian Ward pour sa tendance à dessiner des formes creuses, un peu comme s’il décalquait des photos et tentait de rendre les zones d’ombres avec l’aide d’un seul trait. L’usage des couleurs criarde et des perspectives en "fish-eye" continue de souligner la parenté. Vous n’aurez donc jamais vu vos héros et vos héroïnes comme cela. Est-ce une bonne chose ? Pour le lecteur curieux, oui ; pour celui qui pourrait faire de She-Hulk un gros succès, peut-être pas.

Ce qui m’a gêné :
- bah, je ne devrais pas l’écrire et je sais que ça n’est pas beau de comparer mais voilà, à côté du souvenir que j’ai du run de Dan Slott, ce que propose Soule est plus fade.

Le bilan :
Ne vous méprenez pas, j’ai beaucoup aimé She-Hulk et j’ai même pris l’initiative de le lire en mensuels, moi qui n’achète plus de Marvel sous ce format et qui limite les achats chez DC. C’est du comic-book drôle, inventif et assez fin dans ses résolutions avec de l’aventure et de l’humour. Le graphisme peut dérouter mais on s’y fait vite d’autant que les histoires sont bonnes. Donc si vous aimez les comics agréables et fun, She-Hulk devrait carrément faire l’affaire. Dommage que Marvel ne rencontre pas le même succès que DC avec Harley Quinn car on est grosso modo dans le même genre de production.


Mise à jour après la lecture des 12 numéros qui composent donc une histoire entière :

Je confirme c’est bon, c’est sympathique, peut-être pas autant que ce que Slott faisait ou même Palmiotti & Gray sur Power Girl (au rayon "super-héroïne au quotidien"). Il n’en reste pas moins que c’est très divertissant, que les personnages sont attachants, que ça fait le lien avec la série Howard the Duck. On pourra se poser quelques questions sur les relations entre Daredevil et Captain America quand on lit en même temps la série de Waid et Samnee mais cela ne pose pas franchement de problème puisque les deux séries ne se déroulent pas en même temps.

J’ai aussi beaucoup aimé la résolution de l’affaire du dossier bleu avec une idée toute simple mais qui fonctionne. A se demander pourquoi il y a encore des super-vilains d’ailleurs ...

Donc vous pouvez y aller, cette série de She-Hulk vaut carrément le coup.