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Self-Obsessed #1

jeudi 14 août 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Sina Grace)

On peut écrire et illustrer aussi bien Lil’ Depressed Boy, la chronique d’un ado qui se cherche que Burn The Orphenage, l’adaptation
à peine voilée d’un beat’em all à la Double Dragon. Exprimer à la fois son côté sensible et son côté bourrin sauce "button mashing". C’est ce que Sina
Grace a réussi à faire en peu de temps, se permettant aussi de signer un album "Not my Bag", où il raconte son expérience de caissier (pas encore lu de
mon côté mais ça me fait envie).

Suite à la lecture d’un article d’un écrivain faisant son coming-out et révélant sa vie personnelle aux yeux de ses lecteurs, Grace s’est dit qu’il allait
faire la même chose et le résultat, ce sont les 34 pages de Self-Obsessed. En mélangeant un choix de bandes dessinées qu’il a réalisées depuis le début de
sa carrière, des photos le mettant en scène (on évite les selfies de mémoire), une interview avec Ryan O’Connell (le blogueur dont je vous parlais plus haut),
l’auteur se met à nu. Non, vous ne saurez (heureusement) pas tout de Sina Grace, parce qu’on ne peut pas connaître quelqu’un en lisant un one-shot mais vous
connaîtrez pas mal de détails intimes. Et là, bien entendu, on peut se demander "pourquoi ?". Souvent pour l’auteur, le moment de lâcher quelques envies, quelques
idées personnelles se fait par l’intermédiaire de personnages fictifs. Mais si c’est l’auteur qui parle alors le lecteur qui se trouve dans la même situation peut
réaliser que non, il n’est pas seul et que si il est mis à l’écart par la société, il y a aussi des gens qui ont réussi à vivre avec ce qui choque les bien-pensants.

Il est aussi intéressant, d’un point de vue artistique, de voir comment a évolué le style de Sina Grace et là, il y a vraiment quelque chose qui change, qui évolue.
De montrer aussi qu’on est tout aussi capable de faire du dessin intimiste que d’être embauché chez Top Cow, plus connu pour ses séries d’action. Au travers de quelques
strips, Grace donne quelques anecdotes en parallèle, comme le choix de trouver une police de caractère correcte afin de ne plus lettrer à la main ce qui desservait son travail.
Ca ne sera pas des conseils pour devenir pro mais bel et bien des petits choix qui peuvent servir aux autres.

Self-obsessed ne ment pas sur la marchandise et rien que ça devrait vous permettre de choisir si cette lecture est faite pour vous ou non. Sachant que ce sont ensuite des scènes
de la vie quotidienne, cela vous donne un deuxième argument. De mon côté, j’ai trouvé cette lecture agréable mais je n’en ferais pas une expérience bouleversante ou mon livre de chevet.