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Deadly Class #1-6

vendredi 8 août 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Rick Remender / Wes Craig)


Kings Dominion School of Deadly Arts, voilà où arrive Marcus Lopez débarque après une course poursuite avec des flics et l’aide d’une bande d’adolescents comme lui. Le projet de maître Lin est de faire de Marcus l’un des meilleurs assassins sur Terre et si le projet ne convient pas vraiment au jeune homme, il s’agit tout de même d’une belle alternative à vivre dans la rue, ce que Marcus vit depuis qu’il a vu ses parents mourir sous le poids d’une femme obèse sautant du pont Golden Gate. Embarqué dans une équipe étrange, arrivant dans un lycée où les règles sont les mêmes que partout ailleurs (clans, haine du petit nouveau, jeunes asociaux, ...), Marcus va devoir faire ses preuves même s’il n’en a pas vraiment envie.

Apparemment, Rick Remender a eu une vie compliquée dès ses 16 ans, moment où il décide de quitter le foyer familial et vivre sa vie. Une vie faite de rock’n’roll, de squatts et de violence, beaucoup de violence. Ainsi ce qui se passe dans Deadly Class contient pas mal de passages s’étant réellement passés. Bien entendu, l’école d’assassins est un élément fictif mais les bastons gratuites et les épisodes hallucinogènes sont tirés de faits réels. Dans ce premier arc, Remender présente les jeunes héros en couverture, se débrouillera pour en faire une équipe dysfonctionnelle mais une équipe où chacun pourra se sacrifier pour l’autre et mettra de côté rapidement cette histoire d’école tandis que Marcus sera rejoint par son ennemi juré, parce qu’un héros a toujours besoin d’un ennemi juré.
Sauf que Marcus n’est pas franchement un héros, que celui pour lequel on le prend n’est peut-être pas ce qu’il est vraiment, et que les gens qui le pourchassent ont encore des motifs inconnus. C’est certainement pourquoi je trouve ce récit frustrant. Remender donne des pistes (qui se limitent parfois à une page) mais pas forcément de réponses. Cela donne bien entendu la possibilité de suites complètement différentes, de rebondissements dans les prochains numéros mais aussi de pas mal de flou qui fait que je ne voyais pas où Remender voulait en venir. Comme cette histoire d’école très détaillée qui n’aura plus d’importance à partir de la seconde moitié de l’histoire. A moins, bien entendu, qu’elle réapparaisse pendant le second arc. La fin est elle aussi étrange surtout vu ce qui animent les personnages. Peut-être était-elle prévue en fonction des ventes de la série et si Deadly Class n’avait pas eu les ventes escomptées, Marcus aurait sûrement connu une fin moins clémente.

Ce qui fait tout l’intérêt de Deadly Class, ce sont les planches de Wes Craig. Le premier numéro est un exemple de mise en scène dynamique avec une course poursuite qui laisse pantois avec son lot de scènes bien spectaculaires. Avec un trait qui m’a beaucoup fait penser à du Paul Pope en plus propre, Craig instille un caractère à chacun de ses personnages, joue sur le côté aguicheur de ses héroïnes, a des idées de mises en scènes pour chaque page avec une utilisation des splash-pages intelligente et mesurée, ce qui leur donne beaucoup plus d’impact (surtout quand la dite splash-page s’étale sur une double page). C’est fin, c’est varié (l’épisode hallucinogène est drôlement réussi tout comme les séquences souvenirs avec un trait nettement différent, plus brut, que ce que l’on peut voir dans le reste du comic-book), c’est énergique, bref, j’adore.

Deadly Class commençait avec un concept à la Gladstone’s School for World Conquerors ou Five Weapons mais en version sérieuse. Elle enchaîne sans qu’on sache bien trop pourquoi en road-trip halluciné et je me demande comment elle va finir. Si vous aimez ce genre de chroniques adolescentes (parce qu’au fond, c’est bien là que réside le coeur du sujet) et que vous avez une confiance aveugle en Rick Remender, ce titre est fait pour vous. De mon côté, c’est Wes Craig qui m’a bluffé et je pense que c’est lui qui va me faire rester sur le titre.

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