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Alex + Ada #1-5

lundi 4 août 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jonathan Luna & Sarah Vaughn / Jonathan Luna)


Alex est un jeune homme de son temps, voire même légèrement en avance puisqu’il a choisi de s’implanter une puce dans le crâne lui permettant de communiquer avec toute sa domotique et autres objets qu’il rencontre dans la vie de tous les jours. Et aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Alex. Un événement qui devrait le réjouir mais qui reste quelque chose sans véritable goût. Comme à peu près tout depuis une séparation amoureuse qui dure déjà quelques mois. Alors sa grand-mère, qui ne semble pas avoir de problème d’argent, va tenter de le pousser à changer sa vie. Que fait-elle ? Elle lui offre une androïde X5, le top de la ressemblance avec l’humain. Mais sans conscience bien entendu, surtout que récemment une intelligence artificielle très poussée a largement pété les plombs ce qui a causé la mort d’un bon paquet d’humains. Alors quand Alex reçoit celle qu’il appellera Ada par la suite, son premier réflexe est de penser à s’en débarrasser sauf que cela lui fait penser à ces hommes et femmes qui adoptent un animal pour le laisser sur le bord de la route par la suite. Il décide donc de la garder même si elle n’éprouve absolument rien. Elle est là pour obéir et faire toutes les volontés de son propriétaire, ce qui n’est pas vraiment comment Alex voyait une cohabitation.

Les frères Luna (Joshua & Jonathan) ont signé à quatre mains trois mini-séries (les très bons Ultra et Girls et le nettement plus moyen The Sword). Ils ont ensuite décidé de vivre leurs aventures narratives chacun de leur côté, Joshua écrivant et dessinant Whispers. Jonathan fait donc équipe avec une co-scénariste, Sarah Vaughn (qui apparemment est aussi l’artiste du web-comic Sparkshooter). Ils écrivent donc un récit de science-fiction ou plutôt d’anticipation, tellement les éléments de leur histoire sont proches de ce que nous vivons actuellement. La société Prime, par exemple, n’est pas sans rappeler un Google qui aurait gagné tous les objets du quotidien et qui aurait réussi à interfacer directement ses utilisateurs. Tout l’univers des androïdes nous est d’abord présenté par une domotique poussée qui rappelle celle dont on voit actuellement les prototypes. A cet univers, ils appliquent bien entendu la problématique des androïdes de forme humaine, quelque chose qui est loin d’être nouveau puisque déjà abordé il y a plus de 40 ans par Isaac Asimov. Luna & Vaughn y ajoute une histoire humaine qui pose la question de la cohabitation avec quelqu’un, de la richesse des sentiments, de l’identité d’un être, ce qui fait qu’il est humain. Autre point fort : même si les couvertures (dès le premier numéro où l’emballage d’Ada est représenté comme un voile de mariée) nous renvoient des images d’amour, les scénaristes se gardent bien de passer ce cap. Combien de temps réussiront-ils à garder ce cap ? Bonne question. Car Luna oblige, le récit n’avance pas très vite. Mais cela n’est pas dérangeant car a contrario de The Sword, où j’avais l’impression de stagner d’arc en arc, au moins Alex + Ada est riche grâce aux questions qu’il soulève.

Jonathan Luna se charge donc de la totalité des graphismes de la série, là où il co-réalisait avec son frère autrefois. La différence est à peine perceptible. On retrouve toujours le même trait, la même colorisation, la même relative absence de détails (à mon avis, dû en partie à la réalisation numérique des planches) sans que cela soit véritablement gênant. Au pire, j’ai trouvé que les planches étaient froides. Le personnage d’Alex tire la tronche à tout bout de champ et ceux qui l’entourent ne sont pas beaucoup plus enthousiastes (sauf peut-être son ami qui aime beaucoup faire la fête. Ceci étant, cette froideur est en parfaite harmonie avec le thème du récit.

Si vous n’accrochez pas au graphisme, vous devriez quand même jeter un oeil à ce premier arc car l’histoire est bonne et à moins de connaître son petit Asimov sur le bout des doigts, il reste d’actualité et pose des questions vraiment pertinentes. Au pire, même si Les Robots n’ont plus de succès pour vous, lire Alex + Ada est conseillé, tout simplement parce que la réalisation du bouquin est de qualité.

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