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Reality Check #1-4

samedi 2 août 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Glen Brunswick / Viktor Bogdanovic)


Willard Penn est un créateur de comic-book qui a décidé de mener son projet à bien et d’enfin faire de Dark Hour un projet viable. Il a donc décidé de vivre à Hollywood pour être pour proche des éditeurs et des studios de cinéma qui pourront être intéressés pour lancer sa revue. Etre scénariste et dessinateur, ça n’est pas toujours très facile et parfois cela peut mener à quelques incompréhensions de la part de jeunes femmes qui jouent de leur physique pour être la prochaine star du grand écran. Mais peu importe, Willard veut y arriver coûte que coûte. Cela lui a déjà valu une rupture alors il va aller jusqu’au bout. Et c’est juste à ce moment-là, à quelques jours de sa deadline qu’il n’a plus aucune idée. La page blanche ? Paf, alors que tout était planifié et qu’il avait de quoi rassurer son éditeur. La raison à cette soudaine panne de créativité ? C’est que son héros a littéralement débarqué dans sa vie et que lui aussi, comics obligent, a des soucis personnels. L’auteur va devoir faire en sorte que sa créature aie ce qu’elle souhaite s’il veut continuer à pouvoir écrire et dessiner sa série.

Courte mini-série en quatre numéros, Reality Check joue à fond la carte du meta-discours avec un personnage copie de Batman (une réinterprétation fraîche d’un vieux concept comme l’explique Willard) qui ne sent pas bien dans ses baskets. Bien entendu, créateur et créature vont devoir coopérer pour arriver à leurs fins respectives et Glen Brunswick (scénariste de Jersey Gods ou de Non-humans) nous montre comment tout cela va se passer. Le scénariste prend beaucoup de temps à présenter le concept de sa série ce qui ne manque pas d’inquiéter vu le peu de place dont il dispose. Pourtant, cela fonctionne parfaitement. Bien entendu, les intrigues sont assez restreintes en nombre mais Brunswick réussit à bien les répartir sur ses quatre numéros pour les rendre pertinentes et complémentaires les unes des autres. On en apprendra beaucoup plus sur la situation familiale de Willard et sur le pourquoi de sa détermination. Du bon boulot sur les personnages (y compris le méchant de la série qui débarquera forcément à un moment ou à un autre) même si j’avoue que la scène où l’on peut voir Willard et sa mère m’a paru trop vite expédiée. Ce qui est aussi malin, c’est que Brunswick est complètement transparent par rapport au monde des comics. Ainsi on pourra retrouver les noms de Marvel ou DC sans autre appellation ou parallèle. De quoi s’affranchir du syndrome copie de héros et d’en jouer.

Viktor Bogdanovic est un artiste allemand (lien Deviantart ici) qui a déjà réalisé des récits chez des éditeurs indépendants comme Chris Smith and the Nazi Zombies From Hell ou bien Garth Kirby and the Cookbook of the Gods. Avec Reality Check, il obtient donc plus de visibilité. Son travail est agréable à lire et je n’ai pas forcément trouvé de grandes failles de narration ou bien de dessin même si l’anatomie de ses personnages est encore à revoir dès que le cadrage est trop large ou que les scènes ne sont plus des scènes d’action. Il y a ensuite un style dans la représentation des visages qui montrent que Bogdanovic est en train de s’approprier le style de pas mal de dessinateurs américains. Je ne suis pas tombé amoureux de son travail mais il y a tout de même des choses qui montrent qu’avec encore un peu de boulot, Bogdanovic peut réapparaître régulièrement sur des comic-books plus mainstreams.

Au final, Reality Check est une mini-série très agréable à lire qui joue la carte meta-comics de manière assez évidente en y associant un concept proche de la Rose du Caire. Dommage que la série n’ait pas duré plus longtemps car la problème de la créativité et le jeu d’entrée et sortie des personnages de la tête de l’écrivain permettrait pas mal d’autres histoires peut-être plus comiques. Peut-être que Brunswick aura réussi à vendre son concept quelque part. Je n’ai pas trouvé les ventes du titre (qui avait démarré avec 11 000 exemplaires) ce qui laisse peu de place à l’optimisme. Je ne serai pourtant pas contre retrouver les personnages de cette histoire.

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