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Ghost #1-5 (série régulière)

jeudi 31 juillet 2014, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Kelly Sue DeConnick & Chris Sebela / Ryan Sook, Geraldo Borges & Jan Duursema)


Elisa Cameron est donc un fantôme. Si elle a récupéré son identité, autant dire que les souvenirs de sa vie antérieure sont plus que lointains. En tant que Ghost, elle continue de pourchasser les démons mais se permet aussi d’agir de façon plus classique dans les rues de Chicago afin de combattre des petits criminels aux penchants violents. Elle est accompagnée de trois amis plus ou moins journalistes et tente de vivre tant bien que mal avec cette nouvelle situation. Mais quand un démon commence à dire qu’il a des informations à la fois sur son identité et sur la localisation de ses ennemis (le maire de Chicago ainsi que l’infâme Doctor October), Elisa va devoir faire un marché avec lui. Et un marché avec un démon, ça n’est jamais la meilleure idée qui soit.

Avec l’arrivée de Ghost en tant que série régulière, on a droit à une espèce de tuilage au niveau des scénaristes. En effet, Kelly Sue DeConninck qui a écrit les aventures d’Elisa dans la mini-série relançant la franchise laisse la main à Christopher Sebela dès le numéro 5. Elle se garde quand même sous la main un épisode se passant durant la jeunesse d’Elisa, récit n’était pas si lointain d’un Stand by Me de Stephen King. La sauce prend bien et à la limite, l’histoire de démons pourchassés va peut-être un peu trop vite mais permet aussi de clore un premier chapitre (visiblement le premier recueil ne devrait contenir que les numéros 1 à 4 de la série). Une fois que Sebela prend les rênes de la série, il commet l’erreur de faire en sorte que son héroïne ne cherche plus à savoir qui elle est réellement alors que l’épisode "hors continuité" pourrait justement amener Elisa à visiter (ou à surveiller) pas mal de ses connaissances de jeunesse. Peut-être que ce sera exploité quand Sebela aura développé toutes ses idées et qu’il devra chercher d’autres billes. Pour l’heure, le sentiment d’avoir un récit de super-héros avec une femme bien balèze demeure. Cela fera plaisir à tous les lecteurs et lectrices qui veulent des personnages féminins qui ne servent pas de faire-valoir.

Je comptais suivre la série en fonction de l’artiste et Dark Horse avait réussi à m’appâter avec l’excellent Ryan Sook. Que dire, c’est du très très bon, c’est absolument superbe avec des planches ressemblant presque à du Frank Cho par moment. C’est dynamique, les visages sont expressifs et jolis, je ne me lasse pas de regarder les planches. C’est tellement parfait que malheureusement, ça ne dure que deux numéros. Et Sook ne reviendra pas de sitôt sur la série. Geraldo Borges (en compagnie d’Andy Owens) doit faire en sorte de ne pas choquer les lecteurs et j’avoue que le contrat est assez réussi. Bien sûr, il n’a pas la même touche que Sook mais s’en sort vraiment bien avec une pointe de Joelle Jones dans son trait.
Ce sera ensuite l’équipe Jan Duursema et Dan Parsons (en encreur) qui se chargeront du titre. La dessinatrice a bossé pour Marvel, DC et Dark Horse avec un travail assez long sur l’univers étendu de Star Wars. Avec une carrière de plus de 30 ans derrière elle, autant dire qu’elle a en sous la plume. Le trait est assuré et classique avec des personnages bien rendus malgré le fait qu’elle ne les ai pas créés. Reste qu’avec la colorisation de Dan Jackson, le tout donne un résultat plus dense qu’avec les précédents dessinateurs.

La série décide donc d’emprunter les sentiers de la super-héroïne classique, d’autant que la série fait partie de "Project Black Sky", l’univers partagé de Dark Horse. Il y a fort à parier qu’Elisa Cameront aura son lot de rencontres avec d’autres héros de l’éditeur. Pour l’instant, ça n’est pas le cas et je ne suis pas contre suivre les aventures de cette héroïne quelques numéros de plus.

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