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The Saviors #1-3 (série à suivre)

mardi 29 juillet 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / James Robinson / J. Bone)

Le souci, quand on n’arrête pas de fumer des joints, c’est qu’on ne vous prend pas vraiment au sérieux. Alors quand Tomas Ramirez prétend avoir vu un militaire
avec une tête d’extra-terrestre causer avec le sheriff de Passburg, petite bourgade perdue au milieu de nulle part, on a encore plus de mal à le croire. Or Tomas
a raison, les extra-terrestres sont parmi nous. Il lui faudra une rencontre fortuite et la mort de son meilleur ami pour trouver des gens qui sont comme lui, pourchassé
pour en avoir trop vu et bien décider à lutter contre ce qui ressemble à une invasion. Reste à savoir si une équipe d’humains tout ce qu’il y a de plus normal est capable
de lutter.

J’avais un peu perdu de vu James Robinson, ne suivant pas ce qu’il écrit au sein du New52. Le revoilà donc avec une série en creator-owned qui sent la licence à placer pour
faire de la télé ou du cinéma à plein nez. En effet, en ayant lu que les trois premiers numéros, je me rends compte que le rythme est très lent. S’il s’agit d’une mini-série,
il y a fort à parier qu’elle sera faite pour en publier une seconde. Si c’est une série régulière, autant dire que l’équipe a des soucis à se faire vu les chiffres de ventes
(sans compter que le cinquième numéro a apparemment beaucoup de retard). Pourtant lire la série est un moment très agréable, le héros est un glandeur qui profite de la vie qu’il a et
qui ne cherche pas à en avoir plus. Un bonhomme cool qui n’a rien d’héroïque mais qui va devoir faire tout son possible pour survivre. A la limite, Robinson l’écrirait presque trop vif pour
le mode de vie que Tomas mène. Les courses poursuites, les scènes explosives se suivent avec intérêt et les personnages secondaires ont rapidement de gros problèmes. Bref, plutôt de la bonne came,
avec comme seul défaut le fait de ne pas être suffisamment dense.

Et s’il y a manque de densité, c’est un peu parce que le graphisme prend beaucoup de place. Aux commandes, le canadien J. Bone qui a longtemps oeuvré comme encreur pour Darwin Cooke (notamment sur
The Spirit). Et heureusement, le dessinateur réussit à profiter de l’espace qui lui est donné. Ses planches sont bien remplies mais avec peu de cases, jouant la carte du spectaculaire et du mouvement ample.
Ses personnages sont très jolis et son héros attachant. Le fait que la série soit monochrome (on n’y verra de couleur que quand Tomas arrivera au Mexique) donne un cachet assez particulier à l’ensemble qui laisse
aussi songeur quand au financement de la série (ça coûte moins cher à produire en 2 ou 4 couleurs). Avec ses couvertures minimalistes, The Saviors a au moins le luxe de sortir du lot. Mais est-ce ce que le public cherche ?

J’ai loupé la commande du numéro 4 mais ne serait-ce que pour sa facture graphique, je suis prêt à suivre The Saviors. Ceci étant, je ne pense pas que la série ne fasse long feu ni qu’elle soit remarquable. Du produit
Image Comics de qualité mais pas hors du commun (surtout vu ce que l’éditeur publie ces derniers temps).