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The Illegitimates #1-6

vendredi 18 juillet 2014, par Mathieu Doublet

(IDW / Taran Killiam & Marc Andreyko / Kevin Sharpe)


Jack Steele est un agent secret au service d’Olympus une agence de renseignement anti-terroristes. Bien entendu, il a vécu son lot d’aventures,
s’est rendu aux quatre coins de la planète et a rencontré moult femmes avec lesquelles il a fricoté, qu’elles soient de son côté ou de redoutables adversaires.
Mais un jour, alors que Steele se fait vieux et qu’il rencontre une fois de plus, sa nemesis, Marcus Dannikor, un entrepreneur ukrainien, il se fait bêtement, très bêtement avoir.
L’agence Olympus est en état de panique totale et doit donc faire appel à son plan B après la mort de son meilleur agent. A savoir rapatrier cinq des enfants
illégitimes de Jack Steele qui ont tous bénéficié d’une compétence de leur paternel : meilleure conduite, meilleur tir, meilleures capacités intellectuelles, meilleure séduction, ainsi
bien sûr que les meilleures capacités en matière d’espionnage. Sauf que les jeunes adultes ignorent tout de l’affaire et qu’il va falloir les convaincre de participer.
Bien entendu, c’est à ce moment que Dannikor projette de lancer une attaque mondiale qui fera de lui le maître du monde. Et bien sûr, il va forcément y avoir un traître dans
l’équipe des jeunes nouveaux agents secrets. Comme si travailler ensemble et accepter leur condition n’était pas si difficile.

The Illegitimates est pour moi l’exemple typique du "ça n’est pas avec une bonne idée qu’on peut faire une bonne série". Car en fait tout repose sur le mythe de James Bond et les différents
clins d’oeil à l’univers de l’agent secret au sens large. Sans connaître les romans de Sir Ian Flemming, Killiam et Andreyko mettent suffisamment d’éléments connus par le biais des films pour
accrocher le lecteur. A ce titre, The Illegitimates est sympathique en se plaçant dans une catégorie très aventure / action. Du coup, la seconde scène du bouquin où Steele va mourir est assez
étrange puisqu’on a droit à de l’explosion de crâne dans tout ce que ça peut avoir de plus gore. Le choix visuel d’une telle scène est assez étrange et m’a bien décontenancé. Les éléments gore du
titre seront assez rares cependant et tant mieux. Si quelques morts sont accompagnées de traces de sang tout à fait logiques, l’exagération n’apparaîtra qu’à certains moments où des personnages importants
rencontreront leur créateur. On peut mettre ça sur le compte d’une symétrie mais on est justement dans une série où on est pour prendre du bon temps et pas chercher la construction parfaite. Quant
à l’identité du traître, même si on se garde quelques portes de sortie, c’est malheureusement la plus évidente qui est celle choisie par les scénaristes. Si c’est encore une fois très logique par rapport au
concept de départ, ça n’est absolument pas une surprise. Alors oui, on continue dans le cliché des séries et quelque part, c’est tout à fait le projet annoncé. N’empêche que je n’aurai pas été contre un peu
de peps dans tout ce récit.

Ca n’est pas la première fois qu’on rencontre le dessinateur Kevin Sharpe par ici puisqu’il a réalisé quelques pages sur Green Arrow, X-Necrosha ou encore Army of Darkness sur lequel il était
très convaincant. Sa présence sur The Illegitimates n’est pas fortuite. En effet, j’écrivais dans la chronique précédemment citée que le trait de Sharpe pouvait être rapproché aussi bien de celui de Campbell que de celui de Dustin N’Guyen.
Avec Campbell et ses Danger Girls, le rapprochement est donc fait. Pourtant sur la mini-série qui nous intéresse, j’ai trouvé que Sharpe était irrégulier. Avec des visages et des mises en scènes qui m’ont rappelé les travaux récents d’un
Howard Chaykin peu inspiré, le travail de Sharpe n’est plus aussi sexy qu’avant. On y retrouve ses anciens amours Avataresques et si certaines cases sont vraiment très jolies à regarder avec juste ce qu’il faut de détails pour montrer le boulot
réalisé tout en restant très efficace dans la lisibilité, certaines autres m’ont fait décrocher du récit tellement elles étaient laides. Visiblement, Sharpe n’est pas très à l’aise avec la musculature humaine. Malheureusement pour nous, son
encreuse Diana Greenhalgh n’arrive pas à corriger le tir, à moins que ce ne soit elle qui n’arrive pas à gérer la tâche qu’on lui donne.

Au final, The Illegitimates n’arrive pas à trouver le ton juste pour me convaincre. Il n’est ni suffisamment parodique, ni suffisamment bien troussé pour être réellement intéressant. Comme la partie graphique est elle aussi inégale, autant dire que
je ne suis pas partant pour une deuxième mini-série, pourtant annoncée. Peut-être quand la série passera en promo en numérique et encore ...