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Annihilation Book 1-3

dimanche 1er juin 2014, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Keith Giffen, Dan Abnett, Andy Lanning, Javier Grillo-Marxuach, Simon Furman / Mitch Breitweiser, Scott Kolins, Ariel Ollivetti, Kev Walker, Renato Arlem, Gregory Titus, Jorge Lucas, Andrea DiVito, Giuseppe Camuncoli, Mike McKone)

Ces recueils contiennent :

Book One :
- Drax the Destroyer #1-4
- Annihilation Prologue
- Annihilation : Nova #1-4

Book Two :
- Annihilation : Silver Surfer #1-4
- Annihilation : Super-Skrull #1-4
- Annihilation : Ronan #1-4

Book Three :
- Annihilation #1-6
- Annihilation : Heralds of Galactus #1-2
- Annihilation : The Nova Corps Files

Parfois les choses ne se passent pas comme prévu et pour des prisonniers venus de l’espace condamnés à mort, cela peut être une bonne chose. Un peu comme quand le vaisseau prison Dredge 01 connaît une avarie qui l’oblige à s’écraser sur Terre. Pour les survivants du crash, c’est une nouvelle à double tranchant car si ils ont échappé à la mort, il se retrouve sur une planète arriérée avec peu de moyens de la quitter. Et pas question d’aller demander service aux Quatre Fantastiques par exemple, qui sont trop du côté de la loi et qui risquent de les ramener à la potence.
Sur Terre, une jeune fille appelée Cammi va assiter au crash et va voir ce qui peut bien en sortir. En effet, la jeune fille n’a que peu d’espoir en l’avenir avec une mère alcoolique, un père disparu et une attitude très "no future". Elle va se retrouver en face de Drax le Destructeur et comme celui-ci va la confondre avec sa propre fille Heather, aka Moondragon, kidnappée par Thanos, un lien va se créer même si l’extra-terrestre va rapidement regretter son choix.

A des millards de kilomètres de là, un événement bien plus important se produit. Une autre prison connaît cette fois-ci non pas une avarie mais une attaque en bonne et due forme. Cette attaque pose de nombreux problèmes, de sécurité bien entendu mais aussi énergétique puisque le bâtiment produisait de l’énergie pour un nombre incalculable de planètes. Alors quand elle se fait littéralement bouffer par des insectes, il y a un gros souci. Bien entendu, tout le corps des Nova est mis sur le coup mais les sherrifs de l’espace vont connaître une résistance qui leur est encore inconnue. Et quand tout le Corps se fait ratiboiser ainsi que la planète Xander, tout espoir semble perdu. Il ne reste de l’attaque que Richard Ryder, aussi connu sous le nom de Nova, et celui-ci est rapidement contacté par le Worldmind, l’entité intelligente qui non seulement coordine le corps des Novas mais qui est aussi garant de l’héritage culturel Xandarien. Ryder va donc devoir héberger le Worldmind dans son propre esprit, sachant que cela peut tout à fait lui faire péter les plombs à long terme. Et pendant ce temps-là, qui se frotte les mains ? C’est Annihilus, sorti de sa zone négative. Il passe à l’attaque et semble bien déterminé à conquérir l’univers entier.


Attention, voilà du lourd de chez lourd. Marvel sort la grosse artillerie cosmique avec des êtres plus puissants les uns que les autres. Entre Annihilus qui eu le temps de préparer son coup et ses armées dans sa zone négative, Galactus et sa palanquée de héraults - retraités ou en service, Thanos et sa fascination pour la Mort, il va y avoir du sport. Sachant que les autres "héros" mis en scène comme le Super-Skrull, Ronan l’accusateur, Ravenous, ou le Silver Surfer bien sûr maîtrise des énergies dévastatrices, on se demande comment le pauvre Nova peut faire le poids face à tout ça. Donc Kieth Giffen va chapeauter le tout en donnant au cosmique marvelien ses lettres de noblesse. Ca va charcler sévère, les forces d’Annihilus vont avoir une bonne chance de gagner avec un plan cuisiné aux petits oignons et des planètes entières vont être dévastées, vous voilà prévenus. Donc l’évenement en lui-même reste très concentré sur la dernière attaque et se trouve finalement être ce qu’il y a de moins intéressant dans toute cette saga. Plus intéressantes sont les mini-séries consacrées à chacun des personnages qui va se retrouver complètement bouleversé par rapport à son statut de départ. Beaucoup de personnages que l’on classifierait comme des vilains vont avoir l’occasion de sauver en partie leur honneur, même si leurs motivations personnelles ne sont pas toujours basées sur la philanthropie. Cela leur donne l’avantage d’avoir un poil de subtilité tout en gardant des scènes bien bad-ass à grands renforts de Schlacka-boum (et même de SCHLAKA-BOUM en majuscules) !

A toute cette épopée, il y a deux points légèrement illogiques (oui, en considérant la logique d’un univers comme celui de Marvel, vous m’avez compris) : tout d’abord la non-participation des héros terriens. Car Reed Richards, l’homme le plus intelligent du monde va avoir à faire au Super-Skrull de façon momentanée et devrait comprendre qu’il se trame quelque chose de réellement pas net. Bon, cela est assez bien expliqué par le fait qu’au même moment, les héros sont en pleine guerre civile et qu’ils ont d’autres chats à fouetter. Du coup, cela donne encore plus de volume au conflit qui se passe au dessus de leur tête et qui les dépasse complètement. L’autre point, plus problématique, est l’existence de deux créatures plus puissantes que Galactus qui vont être libérées. Leur non-participation au récit est assez étrange et quand elles se décident à agir, il est bien trop tard. Elles se feront balayer d’un léger coup de main un peu facile par l’un des héros, compte tenu que celui-ci est bien plus faible. Il y avait peut-être des plans plus importants pour eux mais la gestion d’un récit comme Annihilation était peut-être trop compliquée pour les ajouter à la baston finale. Bon, c’est surtout ma lecture qui était mauvaise, même si leurs apparitions sont fugaces, ils ont un rôle important à jouer dans l’histoire.

Concernant les artistes à bord, toutes les copies sont correctement effectuées. Autant je trouve Andrea DiVitto très efficace sur les extra-terrestres et autres créatures cosmiques, autant ses humains me paraissent mal réalisées et avec un trait trop épais et amateur. La coloriste Laura Villardi réhausse formidablement le tout. Renato Arlem fait du grand classique sur le Silver Surfer mais je trouve son trait nettement plus séduisant que par le passé. On voit aussi qu’il n’a rien perdu de la maîtrise des personnages cosmiques. De même Jorge Lucas a une belle maîtrise d’un trait assez fin et élégant qui renvoit beaucoup à la BD franco-belge période Metal Hurlant. Dans le deuxième recueil, c’est Gregory Titus qui a un style qui se démarque le plus. J’y vois des influences de graphisme très hip hop mais je peux me tromper. Avec des Skrulls qui se métamorphosent à volonté, le style du dessinateur n’est clairement pas un souci. Scott Kolins ne déroge pas à son style, je n’y accroche pas particulièrement mais je le lis aussi sans déplaisir. Un peu comme le travail de Kev Walker, au style qui ne me parle pas. Pour finir, Mitch Breitweiser a aussi un style très particulier qui va jouer sur une espèce de photo-réalisme et d’utilisation des contrastes bien sentie. Son travail sort lui aussi du lot mais comme il ouvre la saga avec une mini-série qui n’est même pas estampillée Annihilation, cela ne joue pas sur le reste de l’aventure.

Au final, même sept ans après sa parution, Annihilation reste un moment de lecture sympathique pour qui aime la grosse baston qui tache et les personnages les plus bourrins de l’univers Marvel. Malgré la parution de deux autres recueils sous-titrés Conquest, Annihilation demeure un récit complet satisfaisant.