Onirique Comics 7.1

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Elephantmen Volume 6 : Earthly Desisres

samedi 17 mai 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Richard Starkings, Monifa Aloridge & David Hine / Alex Medellin, Tony Parker, David Hine, Shaky Kane, Dave Sim & Tula Lotay)

Ce recueil contient les numéros 40 à 49 de la série régulière ainsi qu’un morceau du numéro 34 concernant Patya et Sahara.


The Eye of the needle est le restaurant dans le ciel dirigé par l’Elephantman Casbah Joe. Un endroit très chic où le gratin de la ville vient manger. Mais c’est aussi le repaire de certaines personnes de petite vertu comme The Silencer. En temps qu’homme de main, The Silencer a déjà eu des patrons et certains d’entre eux étaient bien entendu des bandits en bonne et due forme. Alors quand l’un d’entre eux vient se venger, tout ça n’est pas très subtil. The Silencer va donc devoir régler ses comptes et être aidé par l’ancienne strip-teaseuse Panya qui cherche à être plus pro-active en essayant d’être le plus possible comme Sahara. Et cela a une bonne raison : le public semble être plutôt du côté du couple Obadiah Horn / Sahara et semble attendre l’arrivée de l’heureux événement mais certains comme l’entreprise Promethean ne l’entendent pas de cette manière et sont bien décidés à ce que l’enfant ne naisse pas. Alors Sahara a un plan : mettre Panya à sa place en attendant qu’elle accouche et pour cela, elle a besoin d’un sosie parfait aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Avec tous les risques que cela comporte ...
Pendant ce temps, Ebony est en pleine dépression post-traumatique et commet quelques gaffes qui vont compliquer les histoires entre Flask et Miki. Flask et Gruenwald vont se retrouver à la poursuite de The Silencer en comprenant aussi que Promethean n’est pas clair vis à vis du tueur d’Elephantmen. Quant à Obadiah Horn, il cherche à être complètement lavé de tout ce que Mappo a pu mettre en lui. En effet, si l’implant de violence a été retiré des Elephantmen, il reste encore quelques nanites qui sont autant de moyen de les contrôler. De quoi ne pas rassurer l’opinion publique mais les animaux humains ont un autre ennemi caché dans l’ombre.

On ne peut pas dire que Richard Starkings soit un auteur compliqué. Comme annoncé lors de la chronique du volume précédent, tout tourne autour de l’enfant à venir d’Obadiah Horn et Sahara. Ceci étant, comme à son habitude, les choses prennent du temps à se mettre en place. C’est le rythme d’Elephantmen et ce sixième volume n’ira pas changer la donne. Il y a du contenu, des développements de personnages et finalement une avancée tout modeste concernant l’intrigue générale. Il faut aussi dire que les événements de la série sont assez rapprochés les uns des autres malgré le fait que des dizaines de numéros se soient déroulés entre eux. Et comme une première grande parenthèse vient de se fermer avec le premier assassin d’Elephantmen, il faut ouvrir une deuxième grande aventure et trouver de fait un ennemi à fournir aux héros. Si le cas du Silencer est déjà connu, Starkings lui apporte quelques éléments de justification, afin de comprendre pourquoi l’homme de main en est arrivé là. Le scénariste ajoute au rayon "menace humaine", un étrange biographe, dont on ne sait pas encore quels sont les buts. Dans le grand plan, on trouvera l’organisation Promethean qui semble avoir son mot à dire sur ce que les Elephantmen peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils ont visiblement un agenda caché et certainement lié aux chinois qui furent les grands ennemis pendant la guerre asia-africaine, les opposants à Mappo. De là à dire que nos héros vont trouver de nouvelles horreurs à contempler, il n’y a qu’un pas.

Alex Medellin est toujours à bord et compose un travail tout à fait, dans la lignée de ce qu’il a produit jusqu’à présent mais avec aussi une progression dans ses personnages qu’il affine et maîtrise mieux. Ses personnages féminins se distinguent de plus en plus ce qui est appréciable et restent toujours très séduisantes. Ses Elephantmen sont toujours aussi impressionnants et il arrive à leur donner des expressions très convaincantes, voire même à faire un peu d’humour (chose rare, très rare dans la série). Shaky Kane sera comme à son habitude à l’aise dans un récit mettant en scène un junkie survivant à l’attaque récente venue de la lune. L’occasion de faire dans le rayon pin-up et dans le rayon crado. Tony Parker ne s’en sort pas mal avec le numéro qui ouvre ce volume et un style nettement plus polar noir. David Hine retrouve les crayons le temps d’un numéro, plus classique car se concentrant sur une discussion entre deux humains. L’exercice est pourtant fort réussi même s’il tranche dans le style graphique en étant plus proche de Kane que de Medellin. Quand à Dave Sim, il ne fournira en fait que 3 planches sur 3 numéros. Mais la mise en page de Starkings va s’en servir à l’excès dans des passages hallucinatoires des Elephantmen. On va donc se retrouver avec cette unique planche recadrée ou reformatée sur quelques pages. Le principe est intéressant et certainement économique en termes de production. D’autant que cela doit donner un coup de main à Dave Sim qui cherche à boucler quelques projets personnels.

Earthly Desires est un volume généreux (je ne crois pas qu’on ait encore eu droit à neuf numéros dans un recueil d’Elephantmen) qui reste classique dans sa construction et son rythme. On sent toujours la tension qui plane sur les héros et on se demande à quel moment tout cela va craquer. Ca n’est pas encore le moment et gageons que le prochain volume sera aussi dans le développement de cette tension avec pas mal de joueurs dans l’ombre qui ne se sont pas encore révélés.

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