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Swamp Thing Volume 3 : Rotworld - The Green Kingdom

jeudi 15 mai 2014, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder & Jeff Lemire / Yanick Paquette, Steve Pugh, Andrew Belanger, Marco Rudy & Timothy Green II)

Ce recueil contient :
- Swamp Thing 12-19
- Animal Man 12 et 17

A noter que les numéros Animal Man 12 et 17 ainsi que Swamp Thing 12 et 17 sont aussi inclus dans Animal Man Volume 3 : Rotworld - The Red Kindgom.

Vous aurez l’impression que j’écris la même chose que dans la chro d’Animal Man et vous n’aurez pas tort, il faut dire que la publication du crossover s’y prête.

Après avoir été transformé après sa bataille contre la Pourriture, Alec Holland doit retrouver Buddy Baker afin de déterminer comment ils vont enfin battre leur ennemi qui s’abat sur Terre.

Alors que son amour, Abigail Arcane, est toujours avec la famille Baker, Alec plonge dans le vortex de la Pourriture avec son co-équipier. Les voilà arrivés sur Rotworld mais le passage d’un monde à un autre a eu un effet inattendu, leur séparation. Et surtout quand Holland se réveille, il comprend rapidement deux choses : il est bel et bien dans son monde et la Pourriture a semble-t-il gagné la partie. Il en a la confirmation en rencontrant une Poison Ivy encore plus amère que d’habitude et un Deadman nettement plus pédagogue.
Pendant ce temps-là, sur Terre, Abigail pense savoir où dénicher son oncle et déjouer ses plans avant qu’il ne soit trop tard.

Voilà, c’est fait. Depuis le début d’Animal Man et Swamp Thing, on nous promettait une rencontre par le biais d’un ennemi commun et le contrat est rempli. Je me demandais comment DC allait publier cet événement et force est de constater que l’éditeur a choisi la solution la plus rentable pour lui et moins pour le lecteur puisque si vous lisez les deux séries en recueil, vous aurez la joie d’avoir des épisodes en double. M’enfin, si c’est bon, pourquoi s’en priver ?
Scott Snyder ne s’en sort pas si mal que ça. Après une phase commune classique, il reprend les rênes de sa série en confrontant Swamp Thing avec deux personnages bien différents. Si la présence de Poison Ivy est complètement logique (c’est certainement le personnage le plus lié au vert de tout l’univers DC), celle de Deadman l’est bizarrement moins. Ceci étant, il sert de balancier face à un Ivy bien décidée à latter le père Holland même si celui-ci représente un dernier espoir. A contrario de Lemire, Snyder ne joue pas la carte de l’action à tout crin même si il y a un passage assez mémorable avec la version pourrie des Teen Titans. Il faut le comprendre car c’est Swamp Thing qui va être chargé de retrouver l’arme qui permettra de battre la Pourriture, une arme conçue bien entendu par le plus parano des personnages du DC Universe (je vous laisse deviner de qui il s’agit). L’occasion pour Snyder de lier son boulot aux autres séries qu’il signe pour la Distinguée Concurrence, qui reste logique et lui permet de ne pas commettre un très facile Deus Ex Machina. Snyder se fait plaisir en jouant avec sa créature comme on joue avec le duo Hulk / Banner, lui filant des stéroïdes ou l’affaiblissant selon les envies. Cela fonctionne bien et permet de varier les tons du récit. La conclusion a le même côté amère qu’Animal Man même s’il est, à mon avis, bien moins douloureux pour Holland. J’ai l’impression que Snyder fait un peu de pied à la version Moorienne de Swamp Thing et le côté guimauve pourra certainement en freiner certains. De mon côté, la scène finale est passée mais Snyder était à deux doigts d’en faire trop.

Aux dessins, on retrouve Yanick Paquette qui se concentre sur les épisodes de Swamp Thing hors crossover. On retrouve son style toujours aussi rond et sexy (sa Poison Ivy est superbe), ainsi que sa mise en page toujours aussi psychédélique. Ce sont peut-être ses planches et ce découpage qui limitent l’effet super-héroïque des bastons par rapport à celles d’Animal Man. Le côté horrifique est toujours aussi bien assuré avec des monstres et une mise en page réellement effrayante. Marco Rudy donne son boulot régulier avec toujours le même travail appliqué, proche de Paquette mais avec un encrage plus fin moins rond. le mélange des deux est toujours aussi homogène, il faut aussi dire qu’on s’y est habitué depuis le temps. Finalement le plus surprenant est l’apparition d’Andy Belanger. Non pas que Belanger soit un mauvais dessinateur (et il est d’ailleurs assez porté sur les choses démoniaques et horrifiques d’après ses précédents travaux) mais le trait de Belanger est beaucoup plus cartoon que celui des autres. Je sais que j’apprécie ce qu’il fait mais que son travail pourra paraître très simple par rapport aux autres planches de ce recueil.

Essai transformé donc pour Swamp Thing malgré une conclusion que j’ai trouvé à la limite du roman photo amoureux. Par rapport à ce que Snyder fait sur Batman, je suis nettement plus client de son Swamp Thing.