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Animal Man Volume 3 : Rotworld - The Red Kingdom

mardi 13 mai 2014, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Jeff Lemire & Scott Snyder / Steve Pugh, Andrew Belanger, Marco Rudy & Timothy Green II)

Ce recueil contient :
- Animal Man 12-19
- Swamp Thing 12 et 17

A noter que les numéros Animal Man 12 et 17 ainsi que Swamp Thing 12 et 17 sont aussi inclus dans Swamp Thing Volume 3 : Rotworld - The Green Kindgom.

Après avoir été pourchassé et avoir payé un lourd tribut, Buddy Baker doit enfin rencontrer Alec Holland afin de déterminer comment ils vont enfin battre la Pourriture qui s’abat sur Terre.
Alors que son fils souffre de la dernière attaque de l’ennemi et que sa fille n’a qu’une envie, assumer son rôle d’avatar du rouge, Buddy et Alec plonge dans le vortex de la Pourriture. Les voilà arrivés sur Rotworld mais le passage d’un monde à un autre a eu un effet inattendu, leur séparation. Et surtout quand Baker se réveille, il comprend rapidement deux choses : il est bel et bien dans son monde et la Pourriture
a semble-t-il gagné la partie. Il en a la confirmation en rencontrant une version pervertie d’Hawkman ainsi que Black Orchid, Beast Boy et une version artificielle de Steel.
Pendant ce temps-là, sur Terre, la Pourriture a profité du départ de ses deux champions pour attaquer et ça n’est pas Maxine qui va pouvoir les arrêter toute seule ...

Voilà, c’est fait. Depuis le début d’Animal Man et Swamp Thing, on nous promettait une rencontre par le biais d’un ennemi commun et le contrat est rempli. Je me demandais comment DC allait publier cet événement et force est de constater que l’éditeur a choisi la solution la plus rentable pour lui et moins pour le lecteur puisque si vous lisez les deux séries en recueil, vous aurez la joie d’avoir des épisodes en double. M’enfin, si c’est bon, pourquoi s’en priver ? Et Jeff Lemire ne s’en sort pas si mal que ça. Après une phase commune classique, Lemire reprend les rênes de sa série en confrontant Animal Man avec certains personnages déjà présents dans Justice League Dark. On retrouvera donc John Constantine ou encore Frankenstein, des personnages durs à cuire mais attachants. Si certains personnages sont étonnamment dans le côté rouge (je pense surtout à Black Orchid), il est logique d’en retrouver d’autres comme Beast Boy. La partie rouge résistante dans Rotworld possède de bien bonnes idées et cette version pervertie du monde est très bien rendue. Car Lemire ne se concentre pas uniquement sur l’aspect horrifique de l’histoire, il met aussi un point d’honneur à y mettre pas mal de scènes d’action qui donnent un côté vraiment épique et désespéré à l’ensemble. Du coup, on garde cet aspect de puissance des récits super-héroïques et l’espoir que tout va bien se terminer. Grâce à un twist très logique (il n’y a pas de surprise, le concept est énoncé dès le début de la série), Lemire retombe sur ses pattes. Du coup, l’épilogue et son côté tragique sont une véritable amère surprise que l’on peut comprendre si l’on connaît l’avenir du personnage mais reste décevant tant le drame semble gratuit.

Aux dessins, on retrouve Steve Pugh qui marie toujours aussi bien l’esthétisme et le côté horrifique des planches. Le dessinateur a toujours ce sens incroyable du contraste et cette précision dans le trait. Il est accompagné par Timothy Green II qui a un style complètement différent et pourtant très homogène (à moins que cela ne soit dû à la présence d’un même coloriste). On reconnaît bien le style très particulier de Green II si on s’arrête sur les planches mais à la lecture elles ne choquent pourtant pas. Marco Rudy donne son boulot régulier sur Swamp Thing et finalement le plus surprenant est l’apparition d’Andy Belanger sur le deuxième numéro Swamp Thing. Non pas que Belanger soit un mauvais dessinateur (et il est d’ailleurs assez porté sur les choses démoniaques et horrifiques d’après ses précédents travaux) mais le trait de Belanger est beaucoup plus cartoon que celui des autres dessinateurs. Je sais que j’apprécie ce qu’il fait mais que son travail pourra paraître très simple par rapport aux autres planches de ce recueil.

Essai transformé donc pour Animal Man malgré une conclusion qui m’a déçu même si je peux la comprendre d’un point de vue éditorial. Je me demande si Lemire pourra encore garder ce côté humour noir dans la série après ce qui vient de se passer. Nous verrons bien ...