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Wonder Woman, le pilote (2011)

vendredi 9 mai 2014, par Mathieu Doublet

réalisé par David E. Kelley.


Un adolescent reçoit un courrier important pour lui. Il s’agit en effet d’une réponse d’une grande école qui l’accepte dans ses murs grâce à ses dons pour le sport. Sauf qu’après avoir ouvert la lettre, le jeune homme commence à saigner des yeux avant de s’effondrer. Et ça n’est pas le premier étudiant de banlieue qui souffre de ces maux. Wonder Woman en est persuadée, tout est la faute de Veronica Cale qui teste des formules afin de créer des surhommes. Quand elle trouve un des bonhommes que la formule n’a pas trop endommagé, elle le pourchasse, l’arrête avec son lasso et lui plante gentiment une aiguille dans le cou afin de voir s’il est oui ou non réellement influencé par la drogue. Forcément, si ça a son petit côté sympathique auprès du public, ça l’est nettement moins vis à vis de la police qui voit d’un très mauvais oeil cette justicière en liberté.

Wonder Woman, c’est la série des années 70 avec l’inoubliable Linda Carter et au moment où la Warner tente d’adapter avec plus ou moins de succès ses propriétés estampillées DC Comics, il est fort logique que l’Amazone ait droit à son adaptation. Pourtant à contrario de ses équivalents masculins (Superman et Batman pour ceux qui ne suivent pas au fond), elle n’a pas droit au grand écran mais au petit sous forme de série télévisée. Et au grand dam des fans de la Themysciréenne, elle n’atteindra même pas le rang de mini-série, le projet ayant été détruit dès le visionnage du pilote, trouvable cependant assez aisément sur la toile.

Pourquoi ça n’a pas marché ? (A partir de là, sachez que ce ne sont que des suppositions de ma part ...)

Le concept de David E. Kelley (Ally Mc Beal, The Practice) est de faire de Diana, une jeune femme qui décide de se servir de ses pouvoirs au service de la justice tout en essayant de comprendre ce que c’est qu’être humain. Une fragilité dans un personnage fait d’invincibilité qui fonctionne assez bien, les piques des humains étant fréquentes mais pas trop et assez bien placées. Ajoutons à tout cela une amourette contrariée avec Steve Trevor (qui deviendra l’amour impossible à la fin du pilote) et on voit que la série s’approprie bien la licence. Ce qui choque finalement, c’est le côté violent de l’Amazone. Un côté d’autant plus violent qu’il n’est absolument pas compréhensible avec ce qu’on voit du pilote. Ainsi Wonder Woman ne se sert de son lasso que pour attraper ses ennemis à la gorge et enverra même un bâton de métal se planter dans le crâne d’un pauvre homme de main. Si on n’a pas eu de grosse flaque de sang (le budget semble avoir été dépensé dans le prologue), on peut se demander pourquoi Diana ne sert pas de ses accessoires autrement. Autre grosse erreur pour qui connaît l’héroïne, son lasso a le pouvoir de faire dire la vérité alors pourquoi est-elle obligée de torturer un bonhomme pour avoir une info. Ce que Kelley et son équipe de scénaristes a oublié à propos de l’Amazone, c’est qu’elle est au départ une ambassadrice de paix, pas une Punisher en talons aiguilles. Alors forcément, avec une héroïne manipulatrice en douceur, on imagine bien que tous les problèmes avec la police sont moins facilement applicables mais ça, il aurait peut-être fallu y penser avant.

D’autant que le reste du pilote n’est pas trop mal. On passera sur les passages bien trop long où Wonder Woman pilote son jet (on le voit une fois OK, les fois suivantes, une ellipse aurait clairement suffi) et on se concentrera sur les scènes d’action au début et à la fin de l’épisode qui montrent bien la puissance du personnage. Sachant qu’on a à faire à un pilote rejeté par la Warner, les effets spéciaux ne sont clairement pas terminés mais cela est tout à fait normal et on ne peut pas être trop regardant là-dessus. Les courses de l’Amazone sont réalistes et j’ai beaucoup aimé l’utilisation des bracelets pour faire ricocher les balles. Quant aux personnages, certains sont tout à fait agréable et rappellent que Diana n’est pas seule (surtout pour gérer son entreprise, ce qui donne de bonnes scènes avec un peu de fond) quand d’autres sont franchement moyens (Elisabeth Hurley joue la vilaine méchante assez ridicule et Justin Bruening fait passer la série en mode beaucoup trop mielleux).

Ah oui, forcément, il faut parler de Adrianne Palicki qui m’a vraiment plu (dans tous les sens du terme) en Wonder Woman. Ses costumes mettent son physique en avant et son maquillage la fait vraiment ressembler à une héroïne de comic-book. Avec un peu de temps, je suis sûr qu’elle aurait été parfaite en guerrière amazone.

Finalement, si la série a été un fiasco, on aura peut-être quand même l’occasion de voir Diana au cinéma puisqu’un film est actuellement en pré-production avec Gal Gadot dans le rôle titre. Espérons simplement que ce film soit plus souriant que les dernières incarnations du Dark Knight et du Man of Steel.

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