Onirique Comics 7.1

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Leaving Megalopolis

mercredi 30 avril 2014, par Mathieu Doublet

(Auto-produit / Gail Simone / Jim Calafiore)

Ce livre a été publié grâce à un projet Kickstarter à la réussite plus qu’honorable.

Megalopolis était autrefois une cité rayonnante, protégée par des super-héros et sans aucun problème. Malheureusement, on ne peut plus dire que ce soit vraiment le cas aujourd’hui : cratère au beau milieu de la rue suite à une explosion magistrale, cadavres de véhicules jonchant les rues, parfois même les immeubles et êtres vivants de plus en plus rares. Parmi ceux-ci, Mina est une jeune femme qui a avec elle un uniforme de police et cela vaut bien des choses dans une ville où chacun n’a qu’une envie : survivre. Alors quand elle est abordée par un homme âgé qui lui parle d’une jeune fille traumatisée, Mina se méfie. Comme elle se demande qui sont les deux individus qui viennent d’arriver. L’erreur, c’est de parler trop fort et d’attirer l’attention de The Fleet, un super-rapide, qui se fera un plaisir de tirer au sort qui il décapitera et menace son petit monde. En réalité, il y a des surhumains à Megalopolis et la ville est leur terrain de jeu où les habitants font du gibier facile à attaquer. Est-ce que notre groupe de survivants arriveraà quitter la ville ? Et surtout, où sont les héros ?

Gail Simone est une auteure remarquée du monde des comics qui a surtout oeuvré jusqu’alors chez DC Comics que ce soit sur des mini-séries (comme l’excellent Rise & Thorn) ou bien sur des passages plus longs (Secret Six ou encore Wonder Woman pré-New52), sachant que son grand oeuvre reste son run vivement conseillé sur Birds of Prey (pré-New52 là encore). La scénariste va marier les différentes époques de son récit afin de nous permettre d’en savoir plus non seulement sur les personnages (avec une attention particulière sur Mina) mais aussi sur le cadre politique de l’histoire (des spécialistes dont un météorologiste sont entendus par un conseil). Des informations qui donnent une réelle épaisseur au récit qui, sans cela, ne serait qu’un banal survivor. A l’instar de Walking Dead, bien des personnages vont mourir et d’autres vont faire leur apparition au cours de l’histoire mais vue la longueur du récit (93 pages), autant dire que ces derniers vont avoir une espérance de vie très faible. Heureusement, on arrive à s’attacher à leur destin et à ne pas vouloir qu’il leur arrive malheur. La scénariste conclut son récit par quelques twists bien venus, une légère pirouette meta-comicquesque et une fin digne des plus célèbres films d’horreur.

Aux dessins, c’est un autre vieux briscard qu’on retrouve puisqu’il s’agit de Jim Calafiore (Aquaman, Deadpool, Exiles, Secret Six, ...). Autant dire que là aussi, c’est du solide. Certes j’ai dû me faire au style du dessinateur, je n’ai pas été très séduit par ses visages. Mais il y a un vrai savoir-faire dans la mise en page, la façon de raconter les histoires, la maîtrise de ses personnages et le soin tout particulier apportés aux décors. Et ça fait plaisir en tant que lecteur de pouvoir lire un vrai comics où le dessinateur a pris son temps et a réussi à donner un travail de qualité dans lequel il se permettra aussi quelques clins d’oeil. Sachez tout de même qu’on est dans du récits à ranger au rayon "grim n grotty" et que quelques scènes sont particulièrement gores. Les âmes sensibles sont prévenues.

Leaving Megalopolis est donc un récit solide, honnêtement fichu par des gens qui connaissent leur métier. Ceci étant, ça n’est pas la baffe de l’année en matière de comics. Il manque quelque chose à l’histoire pour marquer véritablement mon esprit de lecteur. Est-ce que un certain point d’intrigue est révélé trop rapidement (en fait, c’est même écrit sur la quatrième de couverture) ? Est-ce que je ne suis toujours pas prêt à lire du super-héros dans une ambiance sombre ? Il y a quelque chose qui n’a pas fonctionné pour moi mais cela ne remet pas en cause la qualité du travail de Gail Simone et Jim Calafiore.

Leaving Megalopolis sera disponible à partir de septembre 2014 chez Dark Horse.