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Batman Vol. 3 : Death of the Family

dimanche 13 avril 2014, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder & James Tynion IV/ Greg Capullo & Jock)

Ce recueil reprend les numéros 13 à 17 de la série New52.


Bon, OK, il pleut à Gotham, c’est plus ou moins habituel. Bon, une chatte vient de donner naissance à un petit bicéphale, OK, ça peut encore arriver. Bon, le Joker vient de s’échapper et va faire un tour direct au commissariat de Gotham, histoire d’éliminer quelques membres du GCPD tout en évitant consciencieusement de s’attaquer à Gordon, là encore, ça ne sort pas du train train quotidien gothamite. Sauf que Batman va en avoir gros sur la patate d’autant qu’il réalise que le Joker relance ses crimes dans un ordre chronologique. Ce qui pourrait donner un avantage certain à la chauve-souris va se transformer en véritable cauchemar car le Joker est encore plus imprévisible et qu’il ne respecte pas vraiment son habituelle façon de faire. Par exemple, quand Batman arrive, c’est bien trop tard, le Joker a déjà commis ses méfaits et des innocents ont déjà péri. Autre nouveauté : le Joker clame haut et fort à son ennemi juré qu’il sait qui il est. Et quand il kidnappe nul autre qu’Alfred, le majordome de Bruce Wayne, on pourrait tout à fait le croire.

Avec Death of the Family, Scott Snyder joue gros parce qu’il rappelle un moment fort de la mythologie de Batman, à savoir la mort de Jason Todd, causée par le Joker. Dans cet arc, Snyder va plutôt essayer de casser la famille du Batounet qui consiste ni plus ni moins en la liste des bat-kids Jason Todd / Red Hood compris. Et je vous avoue que je trouve qu’il a complètement loupé son coup. Alors forcément, c’est du New52, qui a l’avantage de pouvoir faire dire aux personnages tout ce que l’on veut, de leur faire changer de caractère, même si cela va au contraire de tout ce qui a pu être écrit avant. Dans cette version, on a donc droit à Nightwing, Red Hood, Robin (Tim et Damian) ainsi que Batgirl, qui font les gros yeux à Batman. Pourquoi ? Parce qu’une fois, il y a longtemps (ou bien était-ce il y a un an ? Le concept du New52 permet d’être très souple de ce côté-là), ce dernier a laissé une carte à jouer du Joker accrochée au Batboat et que du coup, il aurait pu accéder à la Batcave. Sauf que Batman leur assure que non, cela n’est pas possible.
Là où Snyder se plante, c’est qu’il fait comme si Batman n’était pas fiable, comme si les jeunes pouvaient mettre en doute sa parole. Sauf que, mis à part un côté froid et calculateur, depuis le reboot, on n’a jamais vu Batman être pris en faute. Et ça, Snyder ne le montre pas. Du coup, les Batkids donnent surtout l’impression de faire leur crise d’adolescence de façon complètement frontale, aucun des jeunes héros ne prenant la défense de Batman, ce qui est très out-of-charecter. Bref, cette destruction familiale apparaît dès le départ et se conclut sur une scène où chacun fera la sourde oreille aux demandes de la chauve-souris, alors que quelques pages avant, Nightwing lui avoue qu’il n’aurait rien pu faire pour empêcher ce qui leur est arrivé. Le Joker sait-il vraiment qui est Batman ? Le scénariste se gardera bien de donner l’info, jouant sur le non-dit et les possibles.

Concernant le méchant, je suis plus mitigé sur la réussite du projet. Du côté négatif, je relèverai le côté über-Joker tout comme Batman était une version surpuissante de lui-même dans la Cour des Hiboux. Dans Death of the Family, le Joker est capable non seulement d’éliminer trois policiers en deux pages, se déplaçant à la vitesse de l’éclair et cassant les colonnes vertébrales comme si elles étaient faites de paille. Le Joker serait-il le fils caché de Flash et de Superman ? C’est la vision qu’on pourrait en avoir. Ce qui pourrait expliquer qu’il puisse aussi piéger les Batkids, mais bon, ces versions omnipotentes des personnages limitent vraiment l’attachement que l’on pourrait ressentir pour eux. Côté positif, quelques scènes rendent le Joker encore plus chaotique qu’avant. D’ailleurs, c’est certainement la scène entre le Joker et Harley Quinn, placée en complément du premier épisode, qui montre cela le mieux, et pour le coup, James Tynion IV, scénariste de la série Talion, s’en sort vraiment bien. Les autres scènes complémentaires sont assez inutiles, mettent en scène d’autres ennemis de Batman qui n’ont finalement aucune importance.

Pourtant, malgré tout cela, j’ai parfois apprécié le livre. Et pourquoi ? Parce que Greg Capullo tient à lui seul le bouquin avec des planches qui sont toujours aussi réussies. Ses personnages, ses mises en scènes, ses cadrages, son travail sur les ombres, tout cela est superbement efficace. Alors oui, cela renforce aussi le climat très malsain de la série qui est encore très sombre et franchement pas comique, mais je concède que le résultat est d’une belle efficacité. J’aime bien ce que fait Jock aussi dans les récits complémentaires et si tout n’est pas excellent, l’artiste se fait très clairement plaisir avec le Joker qui va avoir l’air encore plus tordu et chaotique.

Au final, Death of the Family n’est pas un bouquin que je recommande, comme tout ce qu’a fait Snyder après le New52 d’ailleurs. Tout ce qui concerne les scènes d’action sont bien rendues mais ni le drame supposé arriver ni la caractérisation des personnages ne sont réussis. Alors que c’est ce qui est censé faire la différence face aux autres titres super-héroïques, DC loupe carrément le coche.

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