Onirique Comics 7.1

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B + F

mercredi 19 mars 2014, par Mathieu Doublet

(Ad House et Cà et là / Gregory Benton)


Dans un monde sauvage, une femme nue se balade. Alors que le monde est peuplé de créatures cauchemardesques de toutes les tailles, on peut se demander comment cette humaine peut survivre. La réponse est assez simple : elle a un chien jaune géant à ses côtés qui la défend. Mais quand des espèces de grands singes les agressent, le couple se voit rapidement dépassé. Et quand la jeune femme est emportée, le chien doit absolument la retrouver.

B+F est une surprise à plus d’un titre. Tout d’abord, le format du bouquin extrêmement grand est impressionnant. Ensuite la coédition par les Américains d’AdHouse et les Français de Cà et là. Quant à Gregory Benton (http://www.gregorybenton.com/), il s’agit d’un auteur de comics indépendants qui met à la disposition du lecteur sur son site ses bandes dessinées précédant B+F. Il a publié chez pas mal de monde en passant de Nickelodeon à DC Comics et sa précédente publication seul est Hummingbird sorti chez Slave Labor Graphics.
Bon, tout ça, ça ne vous avance pas forcément à grand chose, mis à part peut-être le terme de "comics indépendants" et même "comix" si on se réfère à son site. Graphiquement, c’est pile poil le terme avec de la bande dessinée qui oscille entre le joli avec du style et le franchement cradingue. La mise en couleur renforce le côté assez dégoûtant des planches qu’il s’agisse de petites créatures qui recyclent tout ce qui leur traîne sous la patte ou bien les monstres simiesques ultra-violents.

Côté histoire, j’avoue avoir été transporté puis perdu. Il s’agit d’une belle histoire d’amitié entre deux êtres sous la forme d’une course poursuite surréaliste qui permet de voir des créatures de toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les origines. Sans vraiment se préoccuper de réalisme au sein de son univers (l’héroïne se fait piquer sa jambe droite et peut quand même se déplacer sans autre appui supplémentaire), Benton est visiblement là pour placer tout ce qui lui passe par la tête avec un minimum de cohérence. La fin m’avait complètement échappé car je n’avais pas réalisé qu’il s’agissait d’une double splash-page. Une fois pris un peu de recul, j’ai mieux compris la fin de l’histoire. Une fin assez jolie même si loin d’être rose.

Au final, B+F est un bouquin qui sort du lot par son identité graphique et son côté "découvrons un univers" avec un peu d’humour, d’action et oui, aussi de cohérence. L’histoire n’est pas révolutionnaire mais ce n’est visiblement pas le plus important dans ce livre (visiblement, il s’agirait d’écriture automatique). Si vous n’accrochez pas au graphisme, aucun intérêt de se forcer à lire ce bouquin. La lecture, cependant, est assez rapide puisque sans paroles.


Un extrait est disponible sur le site de Cà et là

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