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Bodie Troll #1-4

vendredi 7 mars 2014, par Mathieu Doublet

(Red 5 / Jay Fosgitt)

Bodie est un troll et comme tout bon troll, il se place sous un pont. Son souci ? C’est qu’il est petit, tout plein
de fourrure et tout mignon. Alors si son envie la plus profonde est de terroriser les habitants du village, autant
dire qu’en réalité, tout le monde l’aime bien. Alors le Troll fréquente la taverne de la citrouille saoule où l’accueille
très chaleureusement la rousse Cholly et moins chaleureusement la propriétaire de l’établissement, une fée dotée d’une spatule
magique, Miz Bijou. Et qu’est-ce que la tenancière reproche au fourreux ? De lui avoir apporté un oeuf pas frais, du genre près
à éclore. Alors si Bode veut son assiette de racines bien piétinées par terre, il va lui falloir remplir à nouveau sa mission.
Mais pas sûr qu’un oeuf géant gardé au dessus d’une cheminée soit très frais et peut-être que tout cela a rapport avec des
grosses flaques visqueuses qu’on retrouve dans le village ...

Pour se faire une bonne idée de Bodie Troll, il suffit de se rappeler des premiers tomes de Bone, le chef d’oeuvre de Jeff Smith.
On a droit à un mini-héros avec un sale caractère (il faut aussi dire qu’une frustration persistante peut avoir cet effet-ci), des
personnages secondaires hauts en couleurs (avec l’apparition inopinée de Socko Smackwell (le nom est déjà tout un programme), une poupée animée par une main à moins que ce
ne soit l’inverse. Les intrigues sont bien fichues, les deux premières tenant sur un numéro chacune et la dernière prenant les numéros 3 et 4.
Dans chacun des cas, c’est fun, c’est frais, c’est distrayant. Je ne me suis pas tapé sur les cuisses comme pendant The Great Cow Race mais j’ai
passé un très très bon moment.
Dans les postfaces, courrier des lecteurs et compagnie, on apprend qu’une des inspirations de Jay Fosgitt est Jim Henson, le papa des Muppets.
Et je trouve que la filiation est très naturelle, on retrouve des scénarios simples mais pas simplistes, des événements complètement loufoques (surtout
pendant l’aventure du bébé péteur) et un sens de la comédie et de la mise en page très efficace.

A cela, Fosgitt allie un trait très cartoon, inspiré du comic-strip américain. Le trait est tout rond, les personnages sont très malléables pour
obtenir n’importe quelle expression et se faire propulser dans toutes les directions de la page. Et pour en voir plus, autant aller sur le site
officiel du dessinateur http://www.jayfosgitt.com/ ou bien sur son blog, Cute & Creepy.

En quatre mots comme en cent, j’en veux plus ! C’est vraiment de la BD tout public très réussie aussi bien au niveau des dessins que des histoires.
Une version française serait une très très bonne idée.

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