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30 Days of Night TPB 1

jeudi 6 février 2014, par Mathieu Doublet

(IDW / Steve Niles / Ben Templesmith)

Relu en numérique.

Le recueil contient les trois parties de la première mini-série.

Eben Olemaun et Stella sont deux flics bossant à Barrow, une ville paumée comme il en existe en Alaska. Conditions climatiques extrêmes (avec une tempête qui s’approche) et des ensoleillements complètement irréguliers. Tenez, aujourd’hui, c’est le dernier coucher de soleil auquel les habitants de Barrow peuvent assister avant un mois. Autant dire que le moral risque de ne pas être au beau fixe dans les jours à venir et comme si les incidents, les vols, les problèmes avec les syndicats ne suffisaient pas, les flics vont devoir gérer une population sans téléphone portable : hé oui, un petit malin a volé tous les combinés et les a fait cramer dans un trou. Alors qu’une tempête approche, ça n’est clairement pas la plus maline des choses à faire.

En 2002, Steve Niles frappait un grand coup sans vraiment s’en douter. De l’horreur, il en a écrit et pas qu’un peu, notamment des adaptations de franchises ciné avec du zombie dedans ou bien des bouquins plus ou moins reliés à l’oeuvre de Clivre Barker. Niles entre dans "la cour des grands" (enfin surtout dans la cour de ceux que l’on finit par remarquer) par le biais de Todd McFarlane en écrivant Spawn, la série dérivée The Dark Ages et enfin Hellspawn qui lui permettra de bosser avec Ashley Wood puis Ben Templesmith. Parallèlement à tout cela, il reprend ses travaux en creator-owned comme Fused ! ou les aventures de Cal McDonald. Mais le succès arrive avec cette histoire de vampires qui comprennent que le mieux pour bouffer, c’est de trouver un coin où le soleil a décidé de prendre des vacances. Chez IDW, on aime bien l’horreur et les récits courts. Niles va donc y aller franco et même se limiter dans la taille de sa mini-série (IDW tablant souvent plus sur 5 numéros). Et paf, voilà comment 30 Days of Night est né et comment grâce à un récit qui fonce et des planches sacrément colorées en rouge, il réussit à créer une franchise et une adaptation en bande dessinée des films d’horreur d’autrefois. Car 30 Days of Night, c’est le scénario horrifique classique et le fait que l’on ne connaisse absolument personne (voire même pas les auteurs) laisse la porte libre à tous les destins possibles, les plus cruels inclus.
Niles connaît bien son sujet, n’oublie pas une certaine cohérence (les portables incendiés ne le sont pas par hasard) et se permet une belle pirouette scénaristique sur la fin pour trouver un remède à ces vampires tout en gardant le côté "bigger than life" des comics de super-héros. Et ça fonctionne très bien, même à la relecture.

Aux dessins, c’est un jeune Ben Templesmith que l’on découvre. Qu’il ait suivi le travail de Wood sur Hellspawn n’est pas franchement une surprise, même si, chez Templemsith, le dessin a plus d’importance que chez Wood. On remarque une même utilisation de l’outil informatique pour tout ce qui est des ambiances et des couleurs, ainsi que quelques montages qui font des protagonistes des mélanges de dessins et de photos (tout au plus dans le premier numéro). Templesmith est toutefois beaucoup plus carré que Wood et ses planches sont très claires à lire, même si quelques cases bénéficiant d’un peu trop de flou ou d’effets sanglants ne sont pas très explicites. Pour le reste, c’est tout un style qui s’impose avec des vampires monstrueux et malsains (passage de la petite fille en tête comme une version moins romantique de la Claudia d’Entretien avec un Vampire) et beaucoup, beaucoup, beaucoup de sang, de morsures, de décapitations, de coups de flingues aux visages, bref, ça défouraille.

En trois numéros et moins de 80 pages, Steve Niles et Ben Templesmith ont rencontré un énorme succès. La franchise compte plus de 12 recueils et des mini-séries continuent de paraître régulièrement. Sans chercher dans le récit de fond, 30 Days of Night est un pilier classique du comics horrifique avec quelques très bonnes idées qui font mouche tout au long du récit.