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Aquaman Vol.1 : The Trench

mardi 21 janvier 2014, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Geoff Johns / Ivan Reis & Joe Prado)

Ce recueil comprend les numéros 1 à 6 de la série régulière New 52.

Lu en numérique.

Aquaman en a assez : assez des moqueries, assez de cette différence entre Humains et Atlantes, assez d’être un super-héros. Ce qu’il veut, c’est surtout faire ce que son père a toujours fait : surveiller les côtes et être utile. Si jamais cela passe par des interventions de ses capacités spéciales, tant mieux ... ou tant pis. Mais visiblement, il lui colle à la peau une sacrée image de loser dont il ne peut se défaire malgré certaines facultés qui sont au moins égales à celles des héros à qui l’on voue un culte. Heureusement qu’il a Mera, sa douce Altante, qui doit elle aussi s’adapter à ce nouveau monde. Pour l’heure, le couple doit s’occuper de créatures étranges venues des profondeurs. Celles-ci sont visiblement agressives et ont déjà découpé quelques marins mais Arthur Curry va comprendre rapidement que les choses ne sont pas si faciles et que les monstres aussi ont leurs propres raisons.

Geoff Johns reprend donc Aquaman, l’un des titres qui refait surface régulièrement chez DC mais qui s’arrête souvent, même s’il y a des gens comme Keith Giffen, Rick Veitch ou encore Will Pfeiffer (dans un excellent run) à bord. Avec Johns, DC espère bien réitérer les succès qu’ont rencontré les séries apparentées aux Green Lantern ou encore Action Comics quand Johns a véritablement relancé le titre avec le retour de Richard Donner. Et donc le scénariste va devoir prouver au public (apparemment fidèlement retranscrit dans la population ingrate de Boston) qu’Aquaman n’est pas un super-héros au rabais. Le premier numéro va d’ailleurs s’employer à expliquer ce que le justicier (membre fondateur de Ligue) est capable de faire ou non. Tout cela avec un Arthur qui reste zen au possible. J’avoue que dans un monde comme le New52 qui est censé être plus ou moins un reboot, cela fait bizarre de voir un héros se justifier, mais soit, c’est certainement utile aux yeux du scénaristes. Pour le reste, on aura droit à d’innombrables pistes d’intrigues déposées dans ces six premiers numéros qui auront certainement la place d’être développées dans le reste du run. Si l’artefact étrange et le mystère du pourquoi Atlantis a coulé est la grosse intrigue qui vient de démarrer, certaines autres sont trop effleurées pour être satisfaisante. Le cas de Mera est celui qui m’aura le plus gêné. Elle est censée devoir tuer Aquaman mais on la retrouve amoureuse à la fin du numéro sans véritablement savoir ce qui l’a fait changé d’avis. Etrange d’en entendre parler maintenant, cela aurait été plus intéressant de le voir détaillé.
L’intrigue avec les hommes piranhas n’est pas trop mal fichue. Le cas de conscience auquel est confronté Aquaman est intéressant et montre que le héros est un des moins bourrins du DC Universe ce qui lui donne une identité particulière. Ceci étant, Johns ne lui permet pas de trouver une voie alternative à celle évidente de la destruction pour se protéger. Et puis, notons que cela dure six numéros ce qui est donc bien décompressé.

Aux dessins, on retrouve Ivan Reis qui a aussi beaucoup bossé et beaucoup contribué au succès de Green Lantern. Il est en charge de la totalité des cinq premiers numéros. C’est du Reis donc du plutôt joli mais qui va aussi y aller franco dans les scènes saignantes. Si cela me paraît normal pour les ennemis d’Aquaman dotés de très longues dents (encore que, ces derniers font autre chose que de s’en servir), j’ai du mal à accepter l’image héroïque du héros le trident (à cinq dents) sanglant à la main comme on peut le voir sur la couverture du numéro 3. Pourquoi, pourquoi, pourquoi faut-il que ce soit aussi visible ? Ne peut-on pas avoir parfois de la violence "à la Star Wars" ?
A part ça, ça devrait vous faire tout drôle en abordant le numéro 6 de la série. On a l’impression que Reis a été pris par le temps et qu’il a dessiné et encré tout dans la foulée, se moquant bien du résultat. Ca ressemble à du Reis mais complètement déformé comme du Tony Daniel ou du Todd Mc Farlane première époque. Ca m’a suffisamment choqué pour me sortir de la lecture et vérifier la page de crédits. Si Reis est bel et bien à bord, il ne se contente que de la mise en page et laisse à son encreur Joe Prado le soin de faire tout le reste. Imaginons donc que les deadlines ont dû être complètement explosées et que l’encreur a fait ce qu’il a pu en quatrième vitesse. On comprend alors mieux pourquoi le dernier numéro (sortant déjà du lot par son intrigue) est si différent du reste.

Au final, c’est du Geoff Johns, à savoir que ça se lit bien et vite, qu’il y a une intrigue d’intensité moyenne enveloppée dans un tas de détails qui sont très probablement repris par la suite. Il y a un fil rouge qui tape fort dans la mythologie du personnage, histoire de garder l’aspect feuilletonnant et des scènes d’action violentes pour garder les fans mâles à bord, ceux qui hier conspuaient sur le héros. Aucune surprise donc.